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jallum04JALLUM, YANN KERSALE, BACCARAT - Il a beau explorer la lumière en virtuose pour sculpter des formes, des espaces partout dans le monde, Yann Kersalé n’avait jusqu’alors jamais créé de luminaire au sens « objet » du terme. Jallum joue donc les éclaireurs. Car la dernière création Baccarat - disponible dès septembre - marque aussi la première collaboration, après Philippe Starck, Jaime Hayon, Marcel Wanders, du plus célèbre « lighting designer » français avec le cristallier. Il y a bien eu d’autres propositions en forme de banc-cage ou de plumeau mais c’est un bâton lumineux d’un nouveau genre qui signe cette « première » poétique. Autonome huit heures durant grâce à son socle chargeur, la torche réinventée fait jaillir du cristal décoré, des points diamants, des bulles encore plus étincelantes. Et se prête ainsi totalement aux usages in/out les plus nomades, faisant de l’inventeur de ce « néo-totem » un authentique « esprit éclairé ».

8 juillet 2010 - Nadine Guérin

roche-bobois-sacha-lakic-buffet-onde« SPLASH », CHRISTIAN GHION, RUNTAL, « ONDE », SACHA LAKIC, ROCHE BOBOIS - Ces deux-là se ressemblent comme deux gouttes d’eau ! Le motif concentrique attire l’œil irrésistiblement et s’anime jusqu’au mouvement. Sous l’effet d’un impact, la surface troublée prend alors du relief, puisant aux sources d’une pluie vivifiante, d’une contemplation zen… Christian Ghion n’a pas seulement réalisé un objet-tableau ultracontemporain. Splash est le premier radiateur en DuPont TM Corian R, signé avec le fabricant Runtal (Groupe Zehnder) (en cliquant sur la vignette). La dernière version du buffet Speed Up de Sacha Lakic, pour Roche Bobois, affiche elle aussi son blanc immaculé, sa haute technicité en résine thermoformée laquée (en vignette). Succès oblige, la goutte d’eau magnétique succède à la vague ondulante du meuble originel. Le style « bolidiste » du designer, son futurisme racé ne tombent pas à l’eau ! Onde - le nom du buffet - rappelle sa première création, en 1996, pour Roche Bobois, le lit Onda, aussitôt récompensé.

8 juillet 2010 - Nadine Guérin

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roche-boboisLA COLLECTION PARISIENNE, JOSE LEVY, ROCHE BOBOIS - Le couturier devenu designer n’en finit pas de nous surprendre. Après avoir révélé, avec sa collection « mousseuse » pour la Manufacture de Sèvres, tout l’onirisme de la porcelaine, le créateur force cette fois les portes de Roche Bobois avec lequel il entreprend de « défiger » les codes traditionnels haussmanniens. Pari réussi avec sa « collection parisienne » qui s’amuse des archétypes décoratifs jusqu’à faire douter des propres limites de l’espace. Car le parquet point de Hongrie ne s’est-il pas ici décollé du sol pour venir se plaquer sur la table de repas ? De même, les moulures de la vitrine ne se sont-elles pas extraites du mur ? L’illusion est si savoureuse qu’à la découverte des compartiments secrets masqués à l’intérieur d’un buffet faussement sage, on est même surpris de ne pas voir surgir de ce passage secret inattendu une Alice pleine de malice… Sacré José !

1 juillet 2010 - Nadine Guérin

gesine-hackenberg-photo-gesine-hackenberg« UN PEU DE TERRE SUR LA PEAU », GESINE HACKENBERG, MARIE PENDARIES, FONDATION BERNARDAUD - Si elle fait toujours partie du patrimoine familial, la porcelaine - via le fameux service de table - a-t-elle gardé intact tout son sens ? C’est précisément ce qui fait douter les jeunes générations et les marques d’art de la table « sommées » de se renouveler. A cet héritage en question, l’Allemande Gésine Hackenberg propose la solution du double usage. Sa « kitchen garniture » - des bijoux dont les pastilles ont été découpées dans des assiettes anciennes - « sautent » en effet, non sans humour, de la table au corps, à moins que ce ne soit l’inverse (en vignette, © Gésine Hackenberg). Marie Pendaries initie, elle aussi, une forme de recyclage. Les anneaux de porcelaine blanche et lisse que l’Espagnole a découpés dans un service imaginaire se donnent littéralement à porter. Baptisée « La dot », en cliquant sur la vignette, © Marie Pendaries). Et soulève, au sens propre du terme, le poids écrasant des rituels sociaux.

« Un peu de terre sur la peau », Fondation Bernardaud, Limoges, jusqu’au 16 octobre 2010.

1 juillet 2010 - Nadine Guérin

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peter-hoogeboom-copyright-henni-van-beek« UN PEU DE TERRE SUR LA PEAU », PETER HOOGEBOOM, TERHI TOLVANEN, FONDATION BERNARDAUD - Le bijou contemporain est au cœur de l’exposition annuelle organisée par la Fondation Bernardaud à Limoges. Des ornements créés pour le corps, l’orfèvre plasticienne Monika Brugger à l’origine de la sélection ultra pointue, en donne naturellement à voir. Mais les œuvres des 18 artistes internationaux empruntent vite des chemins de traverse… A l’image de Peter Hoogeboom et de Terhi Tolvanen, diplômés tous les deux de la Gerrit Rietveld Académie d’Amsterdam. Si elle n’est pour eux qu’un matériau parmi d’autres, la porcelaine délivre pourtant des mixages tout à fait inédits et des assemblages particulièrement innovants. Emprunts ethnographiques chez le Hollandais, réinventions végétales chez la Finlandaise. Avec Handle with care (« A manipuler avec précaution »), Peter Hoogeboom défie le temps, évoquant à la fois parures océaniennes, collets et fraises de la Renaissance, multirangs de perles (en vignette, ©  Henni van Beek). Pour Terhi Tolvanen, la porcelaine, l’argent ou les pierres qui viennent « greffer » ses « bijoux de forêt » interpellent une nature de plus en plus artificielle (en cliquant sur la vignette, © Francis Willemstijn).

« Un peu de terre sur la peau », Fondation Bernardaud, Limoges, jusqu’au 16 octobre 2010.

1 juillet 2010 - Nadine Guérin

sanderson-squirrel-doveTISSUS ET PAPIERS PEINTS VINTAGE, SANDERSON - La marque britannique fondée par Arthur Sanderson fête cette année ses 150 ans. Celle qui débuta avec les luxueux panoramiques du XIXe siècle et fut l’une des premières à faire sa « révolution » en couleurs, demeure tout simplement le premier fabricant anglais de son secteur. Le fournisseur de la Cour compte aussi parmi les acteurs majeurs des arts décoratifs européens. Pour célébrer son anniversaire, Sanderson a puisé dans ses archives, ressuscitant des motifs qui, au fil des décennies, ne se sont pas flétris. A commencer par l’écureuil dans les branches, dessiné dans le pur style Arts&Crafts des années 1890 (en vignette). On replonge avec délice à l’époque stylisée des arts déco, cueillant au passage des têtes de tulipes, des primevères ou les luxuriants rhododendrons Primavera (en cliquant sur la vignette). Les Seventies avec les roses « bohêmes » de Weybridge ou le très « pop art » papier peint Concord redonnent une seconde jeunesse à ces rééditions « à l’anglaise ».

17 juin 2010 - Nadine Guérin

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lycra-r-fusionLYCRA® FUSION, DIM SUBLIM ABSOLU RESIST - Autrefois, les collants filaient ! Si l’on s’en tient à la dernière innovation mise au point par Invista, pour sa fameuse fibre cinquantenaire Lycra®, la « maille filée » s’élargissant jusqu’à l’accroc irréparable ne devrait plus devenir qu’un mauvais souvenir… La fibre Lycra® Fusion promet en effet de résister au démaillage, renforçant ainsi la durée de vie d’un accessoire de mode réputé fragile. Une petite révolution au rayon chaussant que Dim sera le premier à commercialiser dès septembre, sous le nom de Sublim Absolu Resist. L’agence Maria Werbeagentur et le photographe Stephan Abry ont mis en image la fibre « miraculeuse » résistant aux dangers les plus épineux…

17 juin 2010 - Nadine Guérin

odely-teboul-annelie-augustin-photo-bernard-vainchteinODELY TEBOUL ET ANNELIE AUGUSTIN, GRAND PRIX FEMME, PRIX SPECIAL DENTELLES ET BRODERIES, FESTIVAL DE MODE DE DINARD - C’est vers 1925 que les surréalistes ont inventé, à Paris, un drôle de jeu collectif baptisé Cadavres exquis. Les jeunes Odely Teboul et Annelie Augustin - diplômées d’Esmod en 2006 - s’en sont inspirées pour dessiner à quatre mains leur première collection de mode. Noire monochrome, elle dramatise une approche précieuse, révélant au gré du hasard, selon le duo, des « accidents artistiques ». La richesse textile n’en est pas moins réelle, entremêlant de belles matières naturelles greffées de détails graphiques. Une « couture drolatique » à l’allure certaine (en vignette, © Bernard Vainchtein). Le tandem franco-allemand, doublement récompensé au 17e Festival international des jeunes créateurs de mode de Dinard, a fait ses premiers pas chez Jean Paul Gaultier, Christian Lacroix, Adidas Y3.

3 juin 2010 - Nadine Guérin

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afikumi-nohara-photo-bernard-vainchteinAFIKUMI NOHARA, PRIX SPECIAL DE LA MAIRIE DE PARIS, FESTIVAL DE MODE DE DINARD - Afikumi Nohara est un styliste zen et rigoureux. A Paris, il a étudié la mode et, dès sa sortie d’Esmod, en 2007, il s’est frotté à la réalité de la création auprès du duo français Lefranc-Ferrant. En lice avec les jeunes créateurs sélectionnés au dernier festival de Dinard, il a séduit par son sens du volume et de l’épure pour réinventer la robe sobre (en vignette, © Bernard Vainchtein), la veste de tailleur, le manteau… Ce vestiaire élégant aux courbes harmonieuses, aux lignes dynamiques, aux pliages graphiques a trouvé ainsi un écho, pour le jeune Japonais distingué par la ville de Paris, chez un photographe : Julian Escardo, dont les images « poétisent » l’architecture et ses structures.

3 juin 2010 - Nadine Guérin

la-fabrique-vegetale-brindille-gilles-belleyDESIGN, GILLES BELLEY, BRINDILLE, LA FABRIQUE VEGETALE - Gilles Belley fait partie de ces créateurs chercheurs pour qui le design doit permettre de consommer moins et mieux. Plus citoyen que militant, il pense éthique et bien-être comme l’y invitent ses « micro-infrastructures pour l’habitat », projet qui lui a valu la Bourse Agora 2009. Ses prospections le mènent du côté des courants alternatifs et des agromatériaux qu’il développe ainsi avec le laboratoire de chimie agro-industriel de Toulouse. L’originalité ? Fusionner avec la nature, recycler les déchets en symboles poétiques, « infiltrer » en douceur le paysage domestique. Telle est la Fabrique végétale, une série d’objets manufacturés d’après nature, dont la Brindille, qui, dans sa coupelle, libère sous l’effet de l’eau son parfum à mesure qu’elle se dissout. Un « parfumeur d’ambiance dont la forme évoque la fonction », selon le designer et un fragment de nature à respirer au fil de ses métamorphoses.

27 mai 2010 - Nadine Guérin

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fablabwall-jl-frechinFABLABWALL, JEAN-LOUIS FRECHIN, UROS PETREVSKI, WALPAPERLAB - Imaginez un papier peint qui traduirait, sur simple demande, les images, dessins, musiques, messages et autres pages web composant votre mémoire intime… Ce passage au réel est signé par Jean-Louis Fréchin, à la fois fondateur de la première agence numérique, directeur conseil et chercheur à l’Ensci. Pour le WallPaperLab qui, depuis 2006, invite les designers à renouveler le papier peint, il a « planché » avec Uros Petrevski, sur le thème de l’illusion. Le résultat, ludique en diable, est bluffant. Sur le principe du Flashcode, les informations numériques, préalablement encodées pour chaque motif, se transforment en œuvre sur l’écran de l’i-Phone ou d’un ordinateur pointé face au mur. Le premier papier peint de réalité augmentée a valu au tandem le prix du musée des Arts-Décoratifs. Il sera édité par Lutèce à la fin de l’année.

FabLabWall, de Jean-Louis Fréchin et Uros Petrevski, exposition le WallPaperLab d’A3P à l’Ucad, jusqu’au 15 août.

27 mai 2010 - Nadine Guérin

helidon-xhixha-photo-bernard-vainchteinECO DESIGN, TRA LE BRICCOLE DI VENEZIA (AMONG THE POSTS IN VENICE), RIVA 1920 - Le bois naturel, matériau solide d’un mobilier durable, s’est imposé lors du dernier salon de Milan. Le chêne, le châtaignier des poteaux auxquels on attache les gondoles à Venise ont ainsi inspiré à Riva 1920 un concept d’éco design, exposé en avril à la Triennale de Milan. De Mario Botta à Karim Rashid, en passant par Angela Missoni et Pininfarina, 22 grands noms de l’architecture, du design, de la mode redonnent vie à ces « sculptures naturelles », surgies de la lagune, érodées par le temps et les éléments. Le banc Meeting Point de Riccardo Arbizonni comme le totem de Marc Sadler, évoquant l’un le carrefour avec l’Orient, l’autre, le rempart de la ville, véhiculent à la fois l’adn de Venise comme son histoire vécue. Sous le bois de la table signée Helidon Xhixha, le socle en acier miroir froissé réinvente les reflets à la surface de l’eau (© Bernard Vainchtein, en vignette). Tandis que le luminaire Serena - tronc noirci incisé mis en lumière par les feuilles d’or et le verre de Murano - révèle toute la fascination éprouvée par Erasmo Figini face à la ville fusion, faite d’eau, de terre, de magnificence architecturale (©  bernard Vainchtein, en cliquant sur la vignette).

6 mai 2010 - Nadine Guérin

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nacho-carbonell-photo-bernard-vainchteinDESIGN, SPECIAL MILAN, DIVERSITY, NACHO CARBONELL, GALERIE BSL - Gianfranco Ferré qui accueille en son siège le « poulain » de la galeriste Rossana Orlandi, a mis à profit l’événement mondial du design pour attirer l’attention sur le très prometteur Nacho Carbonell. Un talent expérimental qui se faisait repérer dès sa sortie de la Design Academy d’Eindhoven avec son drôle de siège Pump It Up (« gonfle-le »). Car ce qui fascine le jeune Espagnol, en quête d’un « design sans limites », c’est la matière dans tous ses états, donnant vie à des objets mutants. On pense à un monde organique où l’hybride chercherait à parler aux sens. Son One of Piece - une insolite chaise/bureau à cinq pieds - se métamorphose ainsi, dans l’exposition Diversity, sous l’effet du papier mâché, de l’acier, du verre brisé, de branches d’arbres ou de la fibre de lin ébouriffée telle une chevelure (en cliquant sur la vignette,© Bernard Vainchtein)… Spectaculaire et intriguant. Nacho Carbonell - sélectionné pour inaugurer en mai la galerie BSL à Paris - a déjà reçu le Prix Seb 150 ans et celui du Design of The Future lors du Design Miami Basel 2009.

Nacho Carbonell, Exposition Diversity à Milan jusqu’au 14 mai, Galerie BSL à Paris jusqu’au 24 juillet

6 mai 2010 - Nadine Guérin

zanotta-stone-island-sacco-silverDESIGN, SPECIAL MILAN, ZANOTTA, STONE ISLAND, « METAMORFOSI, STUDIO ALDO PETILLO - Le design est une discipline qui croît volontiers sur le terrain du fonctionnel, du multidisciplinaire, de l’exploratoire. Le Sacco, créé en 1968 par le trio turinois Gatti, Paolini, Teodoro, est un exemple toujours vivant. Ce pouf en forme de poire, dont les billes de polystyrène enveloppent le corps de mollesse, compte parmi les icônes les plus populaires du design. Une assise quasi révolutionnaire à l’époque, que Zanotta, pour la messe milanaise 2010, a fait « rhabiller » par Stone Island. La solidité alliée à la souplesse et à la légèreté fait partie des critères auxquels la marque textile soumet, avant de les détourner, les fibres industrielles. Sa veste est ainsi devenue une « signature » du vestiaire urbain. En la faisant « fusionner » avec le « bean bag » anatomique, le projet Metamorfosi du studio Aldo Petillo fait surgir, en sept pièces uniques, un « 3e élément » aux allures de sculpture. Toujours aussi nomade, anticonformiste, universel…

6 mai 2010 - Nadine Guérin

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quinzemilan-eastpakDESIGN, SPECIAL MILAN, QUINZE&MILAN, EASTPAK, BUILT TO RESI(S)T - L’Italien, créateur de mobilier, fête cette année ses dix ans. Le bagagiste, lui, s’est fait un nom avec ses sacs à dos en Cordura qui équipe les ados de la planète. La création d’un canapé multipoches marque leur première rencontre à l’occasion de la Semaine du Design à Milan. Le Club Sofa 01, avec ses zips, ses poignées, ses rangements polyvalents intégrés à portée de main, sans oublier les couleurs et les graphismes chers à Easpak, est une édition limitée vendue 500 €. Le nom Built to Resi(s)t élargit les horizons streetwear d’un mobilier « nouvelle génération » informel et fonctionnel.

6 mai 2010 - Nadine Guérin

kartell-tokujin-yoshiokaDESIGN, MILAN, TOKUJIN YOSHIOKA, KARTELL - La collection The Invisibles, présentée à Milan chez Kartell, relance le propos sur un design en quête d’immatériel. Les sièges de Tokujin Yoshioka donnent en effet l’impression inédite de s’asseoir dans l’air, presque de flotter, si l’on ne sentait le contact rigide et lisse du polycarbonate. Ils représentent, affirme le Japonais, « un défi de la beauté transcendant la forme ». Une abstraction technologique aérienne, minimaliste, qui fait ici totalement illusion.

29 avril 2010 - Nadine Guérin

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kartell-philippe-starckDESIGN, MILAN, PHILIPPE STARCK, KARTELL - Philippe Starck est un autre partisan de la dématérialisation. « Parfois, dit-il, nous avons besoin que tout disparaisse… ». Sa dernière Ghost Buster, tout en lignes droites et courbes douces, enrichit la collection et le mobilier Kartell avec des monoblocs esquissant commode et table de chevet d’une autre dimension.

29 avril 2010 - Nadine Guérin

vincent-van-duysen-frostDESIGN, MILAN, FROST, VINCENT VAN DUYSEN, SWAROVSKI CRYSTAL PALACE - L’architecte belge Vincent Van Duysen affectionne les volumes compacts les plus simples. Baptisée Frost, sa forêt de poutres cristallisées distille le même mystère que le monolithe noir, planté par Stanley Kubrick en 1968 dans son film 2001 l’odyssée de l’espace. Le profil attire irrésistiblement avec sa « croûte » de résine scintillante et rugueuse et la fine lame de verre qui théâtralise les reflets. Illusion d’optique garantie lorsque les modules se combinent les uns aux autres en se jouant des miroirs.

29 avril 2010 - Nadine Guérin

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stellar-tokujin-yoshiokaDESIGN, MILAN, STELLAR, TOKUJUN YOSHIOKA, SWAROVSKI CRYSTAL PALACE - Tokujin Yoshioka, à l’inverse, célèbre la singularité d’un astre qui a la magie de la lune, du soleil, d’une étoile. Ultrabrillant avec son cristal et ses Leds répartis sur un mètre de diamètre, le globe maîtrise pourtant totalement l’éblouissement auquel on s’attend. Stellar est la troisième création sur le thème planétaire du designer japonais pour Swarovski Crystal Palace.

29 avril 2010 - Nadine Guérin

alessandro-mendini-photo-philippe-gontierDESIGN, MILAN, LA COLONNE DE CARTIER, ALESSANDRO MENDINI, FONDATION CARTIER - Que faire en joaillerie des pierres déjà percées, démontées, gravées ? Alessandro Mendini (en vignette, © Philippe Gontier - Cartier), virtuose du pointillisme, vient de réaliser à la demande de la Fondation Cartier, le plus étonnant « musée de la minéralogie fine ». Une colonne ultraprécieuse totalisant plus de 17 millions de carats… Du haut de ses 2,3 mètres, la sculpture joaillière n’impressionne pas seulement par sa monumentalité (en cliquant sur la vignette, © Philippe Gontier - Cartier). Car les cannelures d’or, les 329 tubes de cristal alignant diamants, saphirs, rubis, perles, entre autres, ne peuvent à aucun moment laisser trahir la complexité de la construction issue de l’architecture gréco-romaine. Des tronçons de bronze, tel des strates, sont empilés, recouverts d’or, tandis que la résine, à l’intérieur des cylindres, fige les gemmes. (Portrait Alessandro Mendini Photo Philippe Gontier-Cartier) Excellence de la haute précision. Opulence digne des trésors de Topkapi. Pour l’artiste, sa dernière œuvre exposée à la Triennale de Milan, pendant le Salon du design, est « une hypothèse de l’utopie de la pureté ».

29 avril 2010 - Nadine Guérin

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puiforcat-zermattDESIGN, COUVERTS ZERMATT, PATRICK JOUIN, PUIFORCAT - Patrick Jouin a l’amour du geste et de la matière chevillé au corps. Et une âme d’artisan, comme son père, qui lui a appris à se nourrir de la poésie propre aux ateliers. Ceux de Puiforcat, à Pantin, ont visiblement inspiré le designer chargé de concevoir une nouvelle ligne de couverts en inox massif. « Mon point de départ, c’est l’usage, explique-t-il. Je cesse de dessiner quand toutes les fonctions sont remplies de manière fluide. Ici, la lame ne devait pas toucher la nappe. » Trois années auront été nécessaires pour mener à son terme un triple travail d’ergonome, de sculpteur, de carrossier. Car les couverts Zermatt, entre force et légèreté, réunissent ce qui définit l’élégance de Patrick Jouin : l’équilibre, le toucher sensuel, le jeu avec la lumière. « On a designé des reflets », dit-il. Vendu 50 € l’unité au sein de la filiale du groupe Hermès, la fourchette à trois dents, la cuillère toute épure et le couteau nervuré telle une arête en son centre, dégagent, selon le designer, « une belle brutalité », en totale osmose avec l’héritage laissé par Jean Puiforcat.

15 avril 2010 - Nadine Guérin

daniel-hednerDESIGN, GERVASONI, PAOLA NAVONE, MARTIN CHURBA, ALEJANDRO BONA, DANIEL HEDNER, PUDELSKERN DESIGN - Sur les podiums des défilés 2010-11, la laine, omniprésente, a fait son effet. Les designers, eux, n’ont pas attendu le come back de la maille tricotée pour jouer des aiguilles… La technique ancestrale de la maille à l’endroit puis à l’envers tisse même les derniers liens entre le savoir-faire artisanal, les cultures lointaines, la modernité du design. Tel est le message de la collection Sweet chez Gervasoni, où Paola Navone tresse de gros caoutchouc noir la traditionnelle chaise philippine et Martin Churba tricote de grands poufs aussi réconfortants qu’une bouillotte ou un pull à col roulé. Alejandro Bona est lui aussi argentin : sa 360 Meter Chair est tricotée en corde avant d’être rigidifiée. La fibre détournée, tricotée à la main élargit ainsi les horizons de l’exotisme. Le Suédois Daniel Hedner réinvente le macramé en mousse de polyuréthane jaune soleil sur son canapé Pleats Pleats (en vignette). Quant au trio Pudelskern Design, il tricote au crochet la laine de brebis du Tyrol. Les sièges aux reliefs naturels et la lampe Feeler, aussi souple qu’un serpent (en cliquant sur la vignette, © Bernard Vainchtein) font grimper la cote d’une matière éminemment ludique et chaleureuse.

15 avril 2010 - Nadine Guérin

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maguy-de-chadiracMYRIAM GIRARD, MAGUY DE CHADIRAC, LONDRES - Myriam Girard et Maguy de Chadirac, entre Paris et Londres, mettent du baume au cœur en sublimant le corps. La lingerie, largement plébiscitée dans le prêt-à-porter, s’apprête, dans la rue, à se voiler/dévoiler avec les tenues d’été. Un jeu de séduction « anticrise » qui redonne aux dessous une place de premier choix, spécialement à une tradition française très proche de la couture parisienne. C’est cette culture d’excellence qui a conduit ces deux jeunes Françaises à créer tout récemment leur lingerie de niche. Elles ont choisi Londres, où elles vivent, pour se lancer, car l’élégance à la française y est un sérieux atout. Maguy de Chadirac, d’origine antillaise, fait renaître une lingerie de luxe où le flou signe l’habillé, à l’image de sa « dressing gown » pêche bordée de marabout (en vignette). Myriam Girard, qui recolore ses soies couture, prône en particulier le retour du jumpsuit et du teddy (en cliquant sur la vignette), deux formes où l’ampleur « sous contrôle » fait mouche. La French Touch, au féminin, prend le dessus !

15 avril 2010 - Nadine Guérin

academie-dart-photo-bernaARCHITECTURE, ACADEMIE D’ART DE TBILISSI, GEORGIE - C’est le berceau artistique de Géorgie. Le fief des beaux arts où quelque 2 000 étudiants se spécialisent à travers 27 disciplines, de la mode à l’architecture, en passant par la céramique ou l’art verrier. L’édifice - l’un des plus remarquables de la capitale géorgienne - date de 1862, construit par l’architecte Ivanov. Ses intérieurs, aménagés par des maîtres artisans iraniens installés à Tbilissi, recèlent, à côté de fresques persanes, d’exceptionnelles salles entièrement tapissées de verre. De miroir plus exactement, dépoli, découpé, biseauté, agencé en savantes compositions graphiques à travers lesquelles le regard se perd avec délice (photos : © Bernard Vainchtein). Le miroir, à l’époque, était signe de richesse. Combinant le travail de mosaïque et de marqueterie en 3D, il revisite la galerie des glaces façon écrin en trompe-l’œil.

Nadine Guérin

8 avril 2010 - Nadine Guérin

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banc-gingko-photo-alexandreDESIGN, LES LALANNE, PETER MARINO, ARTS DECORATIFS - François-Xavier Lalanne, disparu en 2008, aurait certainement apprécié la rétrospective consacrée aux cinquante ans de carrière menée conjointement avec son épouse Claude. L’exposition, servie par le regard ami de Peter Marino, l’architecte collectionneur, ici scénographe, est d’autant plus majeure qu’elle est la première dans un musée parisien. Du décor reconstitué du salon de la rue de Babylone, où vivait Yves Saint Laurent, au zoo de sculptures monumentales, les œuvres du couple français, qui ont tellement surpris, dérouté et fasciné, imposent toute leur puissance organique et une liberté de ton demeurée intacte depuis la première exposition de 1964. Claude n’a pas seulement moulé la nature d’un jardin lyrique et François-Xavier martelé en cuivre, bronze ou laiton, un bestiaire espiègle. Les plasticiens ont su dompter la matière, désacraliser une sculpture aux fonctions cachées. Leur banc Gingko (en vignette, © Alexandre Bailhache-Adagp), Rhinocrétaire (en cliquant sur la vignette, © Jean Tholance-Les Arts Décoratifs), lit-œuf et lapin à vent réenchantent le quotidien en l’immergeant dans une nature onirique. Une œuvre hybride, inclassable, qui n’est pas sans évoquer les ambitions de l’Art Nouveau.

Les Lalanne, Peter Marino, exposition aux Arts Décoratifs jusqu’au 4 juillet.

8 avril 2010 - Nadine Guérin

anuka-keburia-photo-bernardFASHION WEEK TBILISSI 2010 - Paris, où il présente ses collections depuis les années 2000, a incontestablement permis à Irakli Nasidzé de se faire connaître hors de son pays. La Géorgie, qui vient d’organiser sa première fashion week, abrite pourtant un vivier de créateurs, très jeunes pour la plupart, que le travail textile et les couleurs du Caucase inspirent à l’infini. C’est le cas de Zenka & Mari, un duo féminin qui réinterprète sans fausse note, en broderies et harmonies réussies, l’alphabet ancien et les costumes de tradition. Anuka Keburia, quant à elle, n’a pas son pareil pour dénicher dans les vieux marchés le cuir froissé ou le métal vieilli, dont elle structure les souliers à l’élégance décalée de sa première collection (en vignette, © Bernard Vainchtein). Comme elle, Anzor Tetradze, créateur de Bicholia, est passé par la Saint Martins School à Londres. Le camée de sa grand-mère ne l’a, paraît-il, jamais quitté. Il l’associe à des perles, de la dentelle, du satin pour orner de parures colorées un vestiaire masculin aux volumes surdimensionnés, aux profils découpés sur une mousse (de voiture), façon néoprène (en cliquant sur la vignette, © Bernard Vainchtein). L’option, sans aucun doute, la plus radicale.

8 avril 2010 - Nadine Guérin

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victoria_pomellato_tilda_swinton_by_paolo_roversiTILDA SWINTON, PAOLO ROVERSI, POMELLATO - Elle peut s’exposer « gisante » dans une galerie d’art, porter l’androgynie à son plus haut degré d’incandescence - le film « Orlando » en 1992 -, unir Oscar et carrière underground. Aucune performance n’effraie Tilda Swinton. L’aristocrate qui a étudié au côté de Diana et débuté au cinéma avec Derek Jarman est devenue, sans formation particulière, une actrice caméléon des plus charismatiques. Un troublant concentré de beauté animale et un rêve de « modèle » à incarner pour les marques en quête de différenciation. Pomellato n’a pas résisté à sa singularité hors norme. Entre la griffe milanaise, l’Ecossaise flamboyante et l’un des plus grands photographes italiens, l’alchimie opère. Paolo Roversi fait de sa pâleur diaphane un écrin racé pour les parures 2010 du joaillier. Ming, Victoria (en vignette), Capri (en cliquant sur la vignette), Tango sans oublier M’ama non m’ama - qui fait l’objet d’un spot diffusé en Italie et sur Internet - subliment son teint de nacre dans des visions tour à tour sophistiquée, austère, lunaire, royale…

1 avril 2010 - Nadine Guérin

jeffrey-hainesDESIGN, JEFFREY HAINES, JONATHAN HAMMER, MONA BISMARCK FOUNDATION - C’est une session de rattrapage et, par conséquent, un rendez-vous à ne pas manquer que propose, ce printemps, la Mona Bismarck Foundation. Paris accueille en effet, après Limoges et la Fondation d’entreprise Bernardaud, huit sculpteurs céramistes américains au talent hors pair (« Made in France by Americans »). Les deux plus jeunes, nés au début des années soixante, ont développé une singularité iconoclaste, insufflant humour et sensualité à une matière aussi tendre et vivante que la porcelaine. Tel Jeffrey Haines, qui vit et travaille à Nice. Ses petits volumes, aux formes allusives, fantasmatiques, énigmatiques portent bien leur nom, des « pièces de main » dont on se demande, à leur contact soyeux, s’il s’agit d’armes défensives, de sextoys, d’organes, de hochets… (en vignette). L’artiste aime leur féminité et leur fantaisie. Avec Jonathan Hammer et son installation baptisée Button Ass, la porcelaine change d’échelle. Car ses sept culbutos d’1,20 m de hauteur doivent leur mouvement de bascule à des billes de métal intégrées dans la porcelaine (en cliquant sur la vignette). Un vrai défi technique qui a nécessité deux ans de mise au point. Ces corps ovoïdes, sculptures en mouvement, révèlent aussi, affirme l’artiste installé à Barcelone, toute l’ambivalence du jouet que l’on peut à sa guise chérir et torturer.

Jeffrey Haines, Jonathan Hammer à la Mona Bismarck Foundation, jusqu’au 17 avril.

1 avril 2010 - Nadine Guérin

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eva-hild-1-photo-anna-siggeDESIGN, EVA HILD, GALERIE NEC NILSSON ET CHIGLIEN - Organiques, énigmatiques, poétiques… Les « céramiques objets » que sculpte Eva Hild aimantent le regard. La Suédoise, qui expose ses créations plastiques de New York à Shanghai, leur insuffle un mouvement ininterrompu très impressionnant. Leurs contours empreints de douceur ignorent la ligne droite. Tout n’est, en effet, que boucles ondulées, coulées mouvantes, rubans sinueux, volutes et corolles aériennes que l’artiste, patiemment, compose dans l’espace. Leurs trous d’air jouent avec la lumière, leur légèreté apparente défie la matière. Au toucher, la porcelaine est lisse, poudrée, mate comme une coquille d’œuf. Eva Hild redessine un paysage intérieur qui n’a pas peur de se frotter au monumental. Réputée pour ses sculptures immaculées très pures (en cliquant sur la vignette), elles a récemment introduit le noir cendré qui, dit-elle, apporte de la violence à son œuvre miroir. Comme une part obscure surgie de très loin.

Exposition à la galerie NeC Nilsson et Chiglien jusqu’au 24 avril.

1 avril 2010 - Nadine Guérin

vitra-ross-lovegrove-freedomDESIGN, SALLE DE BAINS FREEDOM, ROSS LOVEGROVE, VITRA - Ross Lovegrove n’est pas seulement une star planétaire qui, de son agence londonienne en forme de vaisseau spatial immaculé (le studio X), construit un « nouveau langage organique et serein pour le XXIe siècle ». L’héritier gallois du bio design est aussi un partisan des formes qui « touchent l’âme » et de l’économie verte. En témoigne sa collaboration, depuis cinq ans, avec le fabricant turc de sanitaires VitrA. Après Istanbul et Mod, la dernière collection Freedom pousse encore plus loin sa quête conjuguée de beauté absolue et d’économie de moyens. Des volumes purs prônant légèreté et asymétrie, des contours fluides aussi liquides que l’eau, un robinet interactif au profil d’oiseau qui change de couleur avec la température, tout ici évoque l’harmonie, l’évasion. Une oasis éthérée (ré)conciliant nature et technologie.

25 mars 2010 - Nadine Guérin

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