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n-9-120x110-devantLOÏC LE GROUMELLEC, GALERIE DANIEL TEMPLON - Loïc Le Groumellec revient chez Daniel Templon avec une nouvelle série de toiles magnifiquement obsessionnelles. Toujours imprégné de ses paysages identitaires - « Mégalithes », « Maisons » suent le « Rannvro Breigh » profond, la solitude douce mais âpre, la magie fantasque d’un lieu où le temps semble arrêté, en suspend, entre rêve et réalité, entre chien et loup -, Loïc Le Groumellec présente un travail qui marque, transcende, emporte. Peu de moyens - laque noire et blanche sur de la toile, c’est tout ! -, mènent pourtant au bord de la folie, silence, écrasement, la puissance redoutable de ces paysages désolés arrache le cœur et fait surgir les larmes. Pierres brutes, colossales, maisons aveugles (« Mégalithes et maisons », 2010, 120 x 110 cm, en vignette) emplissent la surface de la toile sans aucun espoir d’échappatoire, il n’y a que l’« Argoat », la terre, qui emplit tout, submerge, sature de blanc et noir obsédant, sublime, hystérise. Mode opératoire identique, travail à la laque, posée en couche épaisse puis « gommée » au chiffon pour « ôter les lectures parasites », technique de l’« effacement » qui « consiste à épurer, à arriver au presque rien, au minimal ». Un triptyque intense (« Sans titre », 2008-2009, 220 x 580 cm, en cliquant sur la vignette) s’impose d’entrée, puissant, immense. Des « Mégalithes » éparses, hérités du Gwenn-ha-Du (le drapeau), Monsieur Hulot à tête de croisé (« D’hermine plain »), figés dans la matière moussante de la laque, bravent le monde, tout en résistance… Loïc Le Groumellec a tourné fou, ivre, à force, et introduit tout à coup dans son travail de la couleur (un rouge acrylique intense), monochromatique, déposée en a-plats. Figures géométriques runiques qui éclatent et perturbent l’agencement obsessionnel, la violence ou l’isolement, ouverture dans la nuit, espoir ou renoncement, c’est à Loïc Le Groumellec de nous le dire dans son œuvre à venir…

Loïc Le Groumellec - Galerie Daniel Templon, impasse Beaubourg, 75003 Paris. (Pour les visuels, © Courtesie Galerie Daniel Templon, Paris. Crédit photo : B.Huet/Tutti.)

Du 29 avril au 29 mai 2010, du mardi au samedi de 10 h à 19 h. www.danieltemplon.com

20 mai 2010 - Gérard Valat

jenette_yellowHUMBERTO ET FERNANDO CAMPANA, COLLECTION DESIGN ETC - Les frères Campana inaugurent le premier volume d’une nouvelle collection des Editions Archibooks consacrée au design, « Design etc. ». Les Brésiliens « hétérozygotes », en ce sens que très proches l’un de l’autre, perçus souvent comme des jumeaux, ils sont cependant fort différents et complémentaires, proton et électron à l’énergie créative turbulente qui les emmène sur des sentiers inexplorés souvent acrobatiques. Les rencontres décisives et les événements qui ont marqué leur vie sont pour eux l’occasion d’étranges créations (chaise Jenette « Yellow » en vignette, canapé Cipria en cliquant dessus), comme après un accident de rafting, Humberto ressentit le besoin de créer une chaise en forme de spirale baptisée aussitôt « Positivo », hymne à la vie… Fernando, aussi inspiré créa, lui, l’exact envers de ce siège, par amusement et contradiction, qu’il baptisa « Negativo ». C’est tout cela que l’on découvre dans ce recueil d’entretiens croisés avec le journaliste Cédric Morisset. Cette nouvelle collection de livres d’entretiens, dirigée par Marion Vignal, souhaite donner la parole aux designers et permettre à ceux-ci de lever un peu du voile des mystères de leurs créations…

Humberto & Fernando Campana, entretien avec Cédric Morisset, collection Design etc., dir. De coll. Marion Vignal. Editions Archibooks www.archibooks.com

6 mai 2010 - Gérard Valat

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visuel-carton-championEXPO, « LA FACE CACHEE », JEANNE CHAMPION - Jeanne Champion a écrit de nombreux livres, romans, essais, biographies - dont celle de Suzanne Valadon qui lui valut le prix Goncourt. Nous connaissons moins son œuvre peinte qui a pourtant précédé de longtemps ses écrits. Souvent insatisfaite, elle a détruit de nombreuses toiles qui ne supportaient pas le regard neuf qu’elle portait sur elles. La création comme un combat, sur un ring ou dans une arène, un combat pour la vie toujours et encore. Collages de bouts d’affiches arrachés ici ou là, morceaux de miroirs brisés se mêlent à une peinture énergique jetée composant un monde intérieur plein d’étrangeté et d’une grande richesse graphique. Avec cette exposition dédiée aux exclus et aux « sans-voix », Jeanne Champion a choisi de proposer à la vente au bénéfice de deux associations caritatives : le Samusocial et Médecins du Monde, avec le soutien du Mécénat de Sanofi-Aventis. Ce lien avec les années difficiles de sa jeunesse, elle l’a gardé vivant en elle, disant que « seule la culture peut sauver le monde, y compris les exclus, les laissés-pour-compte sans fortune et sans relation. S’il n’y a pas une main tendue, on ne peut pas sortir de la pauvreté ».

Jeanne Champion, « La face cachée », Espace Châtelet Victoria, 19, avenue Victoria - 75001 Paris. Le jeudi 18 mars, à 19 heures, Vernissage suivi d’une vente aux enchères animée par Maître Pierre Cornette de Saint-Cyr. Exposition du 8 au 21 mars. www.espace-chateletvictoria.com www.jeannechampion.fr/

18 mars 2010 - Gérard Valat

1er-papier-devantL’ATELIER PAOLI  - Qui connaît Paoli, Yves Simonpaoli, dit Yves Paoli, peintre et orthodontiste de talent né un 10 avril 1928, à Bastia ? Ceux qui ne le connaissent pas devraient, toute affaire cessante, se rendre au 3 bis, rue Boyer-Barret, à Pernety, dans le XIVe arrondissement de Paris pour y visiter cet endroit de création magique. Lorsqu’il débarque à Paris, en octobre 1947, Yves a le sentiment d’avoir grandi d’un seul coup de vingt bons centimètres ! Un appel d’air gigantesque ! Sa première grande émotion picturale qui lui met les sens en émoi, c’est une « bataille » de Paolo Uccello, au Louvre, qui l’envoûte littéralement, il la voit cent fois, la respire, l’effleure, c’est la fascination de sa vie. La capitale, le quartier Latin, est en ébullition, c’est encore l’après-guerre. Au « Lorientais », il écoute swinguer Claude Luter, au « Tabou », qui vient d’ouvrir, c’est Boris Vian ou Miles Davis, les existentialistes se mêlent de tout, quelques filles récitent du Prévert. Très vite il rencontre Geert Van de Velde puis son frère Bram, et Braque, Bonnard… Il expose sa première toile dans la galerie John Craven, puis au Salon d’octobre en 1952, avec la bénédiction de Jacques Doucet et Serge Poliakoff. Sa première exposition personnelle, en 1953, à la galerie La Roue chez Guy Resse ne laisse pas indifférent. Fou de femmes et de peinture, celles-ci sont venues à lui comme une réminiscence olfactive - la térébenthine, l’huile de lin, le sein de Brunetta -, respirée lorsqu’il avait 4 ans, avec sensualité et plaisir, qui le fait continuer de peindre avec jubilation, allégresse, comme un gamin qui aurait grandi trop vite.

« L’atelier Paoli », 3 bis, rue Boyer-Barret Paris 75014. Visite sur rendez-vous, au 09 51 50 96 46. Le site d’Yves Paoli représentatif de ses différentes périodes : www.paolipaoli.com

11 mars 2010 - Gérard Valat

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2e-papier-devantL’ATELIER PAOLI - Yves Paoli, le peintre, est un personnage entier. Attachant, chaleureux, vif, généreux, amoureux, fin… Il faut tout ça pour faire un peintre. Seulement, il ne faut pas qu’on l’emmerde ! Aussi, en 1979, quand tout à coup il en aura marre des cons et des faux-culs, ce grand bonhomme élégant et cultivé enverra paître agent et galeriste, sans rémission ! Le caractère est bien trempé - pas à Tolède, à Bastia ! -, il n’exposera plus, mais il continuera de faire ce qu’il aime, ce qui lui donne de la joie, et à revendre ! peindre, tout simplement. Des peintures où la couleur éclate, vivacités sensuelles, exultations où la femme est toujours présente pour qui sait voir et ressentir. Ses toiles sont belles et évidentes, nous emportent dans de beaux voyages réjouissants. Alors, plus de soixante années de création, une évolution permanente et pertinente dans la facture, la femme comme sujet ou objet, élue ou possédée, voire les deux à la fois, il serait peut-être temps qu’on s’y intéresse. L’atelier parisien - la boutique - où il travaille, crée, invente est visitable sur rendez-vous, il faut être discret mais si vous y êtes reçu l’accueil sera du soleil brut, de la joie, de l’amitié… Yves Paoli vit dans la peinture, celle qu’il fait jour après jour et celle des peintres qu’il aime… Et comme il n’a cessé de peindre depuis de nombreuses années, il possède dans ses ateliers de province de nombreuses et magnifiques toiles, parfois de très grande taille, qu’une grande galerie ou un musée - et pourquoi pas, « toujours de l’audace ! », le musée d’Art moderne ? - s’enorgueillirait d’accrocher à ses cimaises pour honorer, dans une belle rétrospective, l’œuvre d’un grand peintre pas prêt d’être sur le déclin…

« L’atelier Paoli », 3 bis, rue Boyer-Barret Paris 75014. Visite sur rendez-vous, au 09 51 50 96 46. Voir aussi : http://www.uneexpo.fr/paoli.htlm

11 mars 2010 - Gérard Valat

americandevant2021AMERICAN SHOWCASE, PIERRE-ELIE DE PIBRAC - Diplômé d’une grande école de commerce, le jeune photographe Pierre-Elie de Pibrac décide de se consacrer uniquement à son art. Très vite primé et lauréat de concours, publié dans différentes revues, après avoir travaillé avec l’Agence Vu’, il devient indépendant en 2009. Le travail qu’il présente à la galerie d’En Face s’attache à jouer de manière ludique avec le concept de perception. Inspiré, sans doute, par les expérimentations (Reflections) de Lisette Model (actuellement exposée au Jeu de Paume), Pierre-Elie de Pibrac, dans sa série « American Showcase », capture des images subtiles, reflets de vitrines, miroirs déformants où des personnages devenus silhouettes ou figurants composent à leur insu des scènes abstraites. Les vitrines avec leurs mannequins, leurs marchandises diverses font irruption dans la rue prenant en otages les ombres bigarrées mêlant consumérisme figé au dynamisme de la ville… Une seconde série « Frontières de la Perception », explore le même domaine de l’illusion en utilisant surimpressions et superpositions de lieux et de personnages. Par ailleurs, un bel ouvrage publié par les Editions Archibooks présente en superbe mise en scène ces deux séries de l’artiste avec une préface de l’écrivain Sam Nortey Jr.

« American Showcase », du 19 février au 31 mars 1010. La galerie d’En Face, 7, rue Paul-Louis Courier 75007 Paris de 14 h à 19 heures. Tél. : 01 44 39 94 56. (www.galeriedenface.com). L’expo se déplace ensuite à Lille, du 22 au 26 avril (http://www.lilleartfair.com/) et à Toulouse, du 1er au 31 mai (http://www.mao-photo.fr).. « American Showcase », Pierre-Elie de Pibrac, Editions Archibooks. (www.archibooks.com)

4 mars 2010 - Gérard Valat

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alberolaVANITES, DE CARAVAGE A DAMIEN HIRST- Le musée Maillol a rassemblé en ses murs un nombre époustouflant de Vanités, du 1er siècle de notre ère aux contemporains encore en pleine vitalité (Fabre, Pasqua, Hirst, Abramovic…). Olivier Lorquin, son président, démontre la permanence et la constance de l’évolution de l’art dans la représentation de la mort comme objet sans cesse renouvelé d’angoisse, de folie, accompagné du rire sardonique qui résonne en nos crânes en déraison, sans aucune foi ! Nombre des pièces présentées ici sont remarquables, rarement vues, faisant pour la plupart partie de collections privées… On le sait, la mort rôde, comme une putain, s’est emparée de tout ! Elle est à la mode, se porte en sautoir (elle vous va si bien !), se saute en porte-jarretelles aux attaches en forme de têtes de mort de jade ou de nacre (« Que d’os ! »). Albérola (en vignette, « Rien », coll. de l’artiste) triture le néon depuis la fin des années 90 et transgresse l’idée même de mort avec sa Vanité de néon rouge, à la mâchoire qui annonce, en boutiquier : « RIEN » ! Ce qui donne du sens à l’absence… Le consumérisme ne mène nulle part, c’est la boutique de la mort ! TOUT est à vendre ! Jan Fabre, avec son « Oisillon de Dieu » (en cliquant sur la vignette. Coll. part.), trouble encore, mêlant Vanité, insectes gluants et taxidermie volatile. Damien Hirst, lui, frappe avec son « The Death of God », toile laquée gris pâle de plus de 2 mètres de diamètre au milieu de laquelle ce qui semble un ridicule petit crâne explose dans le nôtre avec ses deux couteaux effilés qui surgissent, fantômes hystériques laissant en bouche une sensation glaciale de métal avec, en final, le goût immémorial du sang ! Mais alors, la vanité des Vanités ne serait-elle pas le transgressif pied de nez que se permet le collectionneur François Pinault, qui offre sa tête - son crâne -à l’irradiation thermographique de l’artiste polonais Piotr Uklamski. Vanité que de donner à voir de son vivant ce que le temps outrageant en laissera, magnifié par les couleurs éclatantes de vivacité, presque pop ! C’est Danton, face à son bourreau, qui hurlera : « Montre ma tête au peuple, elle en vaut la peine ! » Les deux tibias, croisés sous le crâne, font de l’œuvre l’étendard pirate qu’on imagine planté à la Pointe de la Douane, à Venise, la Sérénissime, face à l’avenir…

« Vanité, de Caravage à Damien Hirst ». Du 3 février au 28 juin 2010. Musée Maillol - 61, rue de Grenelle - Paris 75007.

25 février 2010 - Gérard Valat

macke20paysage20avec20trois20jeunes20filles2019112028c2920von20der20heydt-museum20wuppertal1FAUVES ET EXPRESSIONNISTES, DE VAN DONGEN A OTTO DIX , MUSEE MARMOTTAN-MONET - Excellente idée du musée Marmottan-Monet, de proposer au musée Von der Heydt, de Wuppertal, en Allemagne, un échange de faveurs, notamment une sélection de ses plus beaux chefs-d’œuvre expressionnistes (avant la Grande Guerre) et de la Nouvelle Objectivité (issue en partie du mouvement Dada, avec un retour au politique, et futurs « artistes dégénérés »). En attendant les « grandes expos » Munch, Turner ou Les grands maîtres espagnols, cette « petite » exposition (50 toiles) est très rafraîchissante et offre des éclats de lumière et de couleur qui trouvent avec bonheur leur place entre les voyages intérieurs et, peut-être, obsessionnels de Boltanski ou de Soulages… Quelques fauves français échappés rugissent en meute, raies foutrales de lumière, avec les compagnons de « Die Brücke » et du « Blaue Reiter », hurlant en formes haletantes hystérisées, cassant les conventions, fous des arts premiers et à venir. C’est à l’énergie que ces créateurs expriment la violence des émotions de leur époque, qui vaguenaude de guerre en guerre, à bout de souffle… et pourtant ! Braque, Vlaminck ; Munch ; Kirchner, Schmidt-Rottluff ; Kandisky, Jawlensky, Macke ; Kokoschka ; Beckmann, Dix, Grosz… Excusez du peu ! L’expressionnisme et consorts qui visitent, sans effraction mais avec un terrible fracas, un des lieux de l’impressionnisme parisien, c’est à voir. Seul le voyage est beau !

« Fauves et expressionnistes. De Van Dongen à Otto Dix », du 28 octobre 2009 au 20 février 1010. Musée Marmottan-Monet, tlj, sauf lundi (le mardi jusqu’à 21 heures) de 11 h à 18 heures. 2, rue Louis-Boilly, 75016 Paris. Tél. : 01 44 96 50 33. www.marmottan.com

Vignette : August Macke – Paysage avec trois jeunes filles, 1911. Sur carton, 55×63,5 cm.© Von der Heydt-Museum Wuppertal.

En cliquant sur la vignette : Otto Müller – Autoportrait avec pentagramme, 1922. Huile sur toile à sac, 120×75,5 cm. © Von der Heydt-Museum Wuppertal.

4 février 2010 - Gérard Valat

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21_kippenbergerWILLEM DE KOONING, JOAN MITCHELL, HANS HARTUNG, JORG IMMENDORFF, MARTIN KIPPENBERGER, CHEN ZHEN, JAMES LEE BYARS… « DEADLINE » - MUSEE D’ART MODERNE -Le musée d’Art moderne de la ville de Paris présente douze artistes au firmament de leur art. Tous disparus depuis, conscients alors de leur fin proche (cancer, sida, AVC, etc.), intégrant même cette variable dans leur dynamique productrice, pour le coup plus qu’intrigante. Les travaux montrés ici ne sentent pourtant pas l’urgence d’en finir, d’achever l’œuvre en cours, voire la tentation de l’effacement… Bien au contraire, chez la plupart des protagonistes - ne pourrait-on dire pugilistes tellement la geste est belle -, règne une vive sérénité, une fausse tranquillité, comme une suspension du temps avant les débordements d’énergie pure… De l’infinie légèreté des grandes toiles lumineuses de Willem de Kooning aux éclatants diptyques, évidents, de Joan Mitchell, au lyrisme fort bien mis en scène. Hans Hartung, lui, se venge d’une attaque cérébrale en s’attelant à la réalisation d’immenses toiles où la liberté éclate en couleurs enthousiastes. Grandes toiles aussi pour Jörg Immendorff, puissantes, violentes, pleines de désordre… Martin Kippenberger décide de s’affronter à Géricault dans une série, « Medusa », arrachant au « Radeau » des hurlements de style à la remarquable étrangeté. Chen Zhen, plus curieux, peut-être, reste lui aussi dans la lumière avec son « Autel » figurant un immense vagin blasphématoire fait de cierges fondus. L’œuvre de James Lee Byars visible ici, impressionnante, est la reconstitution d’une performance plus ancienne où il apparaissait allongé en costume lamé or dans un espace intérieur (mastaba ?) entièrement recouvert de feuilles d’or artificielles. Son titre : « The Death of James Lee Byars ». Exposition évidemment incontournable alors que tombent les feuilles d’or…

« Deadline » - Musée d’Art moderne de la ville de Paris/ARC. Du 16 octobre 2009 au 10 janvier 2010. 11, avenue du Président-Wilson 75116 Paris. www.mam.paris.fr

5 novembre 2009 - Gérard Valat

11_fm-28_0163ALBERT OEHLEN, « REALITE ABSTRAITE », MUSEE D’ART MODERNE - Le monde est petit, en Allemagne aussi (même après la chute du Mur), Albert Oehlen rencontre Jörg Immendorff dans un collectif de locataires solidaires à Düsseldorf. Il devient l’ami de Werner Büttner avec lequel il s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts, dans le cours de Sigmar Polke où se trouvent déjà Georg Herold et Martin Kippenberger… Bien. Une pépinière en quelque sorte. Parce que tous ces gens, dont la route ne cessera de se croiser, ont évidemment beaucoup de talent sans aller jusqu’à former une école. L’exposition que l’ARC consacre à Albert Oehlen met en lumière la fougue avec laquelle celui-ci jette de la couleur sur des toiles de grandes dimensions. Collages, parfois, morceaux d’affiches, de photos, documents, en font un fond qui ne perturbe pas pour autant le rythme de l’abstraction (lyrique ?) emportée par un mouvement puissant, ne serait-ce, peut-être, la présence perturbante d’une paire de seins hyperréalistes. Superbe travail à l’identité forte qu’on pourrait s’amuser à classer, par pure distraction, entre l’abstraction lyrique ou l’expressionnisme abstrait, mais la série présentée ici n’a pas besoin d’ethnocentrisme, elle se suffit à elle-même. Et nous emmène, en un beau voyage, sur les traces mêmes d’Albert Oehlen.

« Albert Oehlen » - Musée d’Art moderne de la ville de Paris/ARC. Du 1er octobre 2009 au 3 janvier 2010. 11, avenue du Président-Wilson 75116 Paris. www.mam.paris.fr

5 novembre 2009 - Gérard Valat

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preservatif-culture-zap-ptCALLVIN - C’est certain, il ne passera pas par nous, le virus ! puisqu’on vous répète qu’on sort couvert même en pleine canicule. On ne vous les ressort pourtant pas, les couverts… La société Callvin (clin d’œil à Calvin ?) vient de « démocratiser » le préservatif. Non son usage qui, lui, est une véritable institution, de Giscard, copulateur « cortex droit » de princesse bafouée, à Strauss-Kahn, la bête du FMI, voire à l’ami Clinton et sa flûte enchantée. La nouveauté est de faire du condom un délicat objet à offrir (a gift !), comme une sucrerie, tout simplement en customisant son emballage (en vignette). A partir de 6 exemplaire on peut donc, en allant sur le site www.french-card.com, personnaliser ses propres « capotes anglaises », laissant libre cours à l’imagination de chacun : du gentil « I ♥ Paris » au « Want to see Big Ben ? », plus coquin, ou encore « Yes, we can ! », plus consensuel, tous les logos commerciaux ou communautaires (sportifs, politiques, professionnels, confessionnels…) sont envisageables. Et n’oublions surtout pas, au-delà de l’aspect trivial, que 11 000 personnes sont contaminées par le virus du sida chaque jour dans le monde et que 7 500 personnes en meurent dans la même journée… Donc, sortez ! mais pas sans lui ! Ma pomme, en cliquant sur la vignette (uniquement sur rendez-vous…).

Callvin, 23, rue Pierre et Marie Curie, 94200 Ivry-sur-Seine. Tél. : 01 45 15 14 47. www.callvin.com / www.french-card.com

29 octobre 2009 - Gérard Valat

miles-ptWE WANT MILES - MILES DAVIS, LE JAZZ FACE A SA LEGENDE - Miles Davis est à la Cité de la Musique, et pas pour un enterrement de première classe… Après Hendrix, Lennon (sans les Beatles !), Gainsbourg, c’est donc à Miles de boucler la quadrature du cercle des emmerdeurs, des caractériels, des génies créatifs et dépressifs à l’âme tendue et effilée comme une lame de surin chauffée à blanc. Superbe rétrospective consacrée à l’un des plus grands musiciens du XXe siècle. Parcours sinueux et ludique, de son enfance à East St. Louis au concert hommage, ici même, à La Villette, peu avant sa disparition, en 1991. Du be-bop avec Charlie Parker, qu’il rejoint à New York dans les clubs de la 51e Rue, à la rencontre de Gerry Mulligan et Gill Evans inventant le « jazz cool ». Du Paris de Saint-Germain-des-Prés. à la plongée dans la « dope » et le jazz plus « hard » avec Monk, Blakey, Silver, Rollins et d’autres immenses sidemen qui favoriseront l’émergence et l’« épure » de son style propre… La promenade dans le monde de Miles s’articule autour de ses instruments ou ceux de ses musiciens, costumes de scènes, films rarissimes, partitions originales, nombreuses photos inédites, petites « chambres d’écoute » pour découvrir les œuvres du maître (on peut apporter son casque) et des merveilles « inventées » par les ayants droit de Miles. Sans oublier, bien sûr, les nombreux concerts autour de ses œuvres : « Kind of Blue, 50 Years On », « Birth of the Cool Suite », « Bitches Brew’s Spirit », « A Kind of Porgy & Bess », « On the Corner » ; Marcus Miller, Wayne Shorter Quartet, Dave Liebman, Paolo fresu… et « tutti quanti », à la Cité de la Musique ou à la Salle Pleyel.

« We Want Miles », exposition, concerts, films, conférences… du 16 octobre 2009 au 17 janvier 2010. Cité de la Musique, 221, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris. www.citedelamusique.fr / www.sallepleyel.fr

22 octobre 2009 - Gérard Valat

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baffo-var-39-bb-prFRANK HORVAT, DE-BOCCHE-TETTE-CULI-CAZZI-E-MONE - L’adage « Fais ce que je dis et pas ce que je fais » pourrait convenir à Frank Horvat, en ce début d’automne. Lui qui « s’est tué à dire que l’illustration - fut-elle dans un autre médium - était la plus vaine des poursuites… » ou qu’il « ne tenait pas à étaler ses émotions intimes… ». Le désir est si puissant, si présent, qu’un homme en pleine force de l’art (81 berges aux prunes…) ne peut songer à se l’interdire (et pourquoi !). Alors, s’inspirer ou, plutôt, faire rendre gorge aux poèmes du Vénitien Giorgio Zorzi Baffo, contemporain de Casanova, fut apparemment un délice. Ce poète priapique, appelé le « fameux vérolé » par Apollinaire, fut de tous les cons. Sur les quelque 800 sonnets que Baffo commit « d’office » pas un qui ne comprenne les mots « mona » (moniche) ou « cazzo » (bite) et ne se termine par d’interminables jets de foutre… sans aucunement, pourtant, lasser le lecteur, ou la lectrice… Photographe de mode, de reportages, « portraitiste d’arbres », de sa vie familiale à « La Véronique », en Provence… Frank Horvat est un touche-à-tout, curieux de tout, voyageur multilingue, qui alterne les projets imposés, la photo libre, le N&B, la couleur, l’argentique, le numérique… avec toujours, comme fil conducteur, une tendresse évidente, un sens de la vie, à la recherche d’histoires à inventer. La série présentée à la Galerie Dina Vierny, « maraudée » dans les intérieurs d’un palais vénitien, est d’une sulfureuse sensualité, dévoilant la beauté de corps abandonnés au rythme envoûtant du Canalazzo.

Frank Horvat, « De-bocche-tette-culi-cazzi-e-mone ». Galerie Dina Vierny, 36, rue Jacob - Paris VIe. Du 7 octobre 2009 au 10 janvier 2010. www.galeriedinavierny.com

15 octobre 2009 - Gérard Valat

Trisha BrownTRISHA BROWN AU CND - Depuis que l’Homo s’est dressé élégamment sur ses pattes arrière, ses pas se sont faits de plus en plus légers jusqu’à tutoyer le bleu du ciel… Le Centre national de la danse et le Théâtre national de Chaillot se sont pris par la main pour faire la… « bamboula ». L’automne sera donc coloré de petits pas et de grands bonds, qui entraînerons les visiteurs, de la post modern dance au hip-hop de Farid Ounchiouene (Cie Farid’O) en résidence. Le CND, le TNC et le CNDC (ouf !) d’Angers rendent un bel hommage à l’une des grandes figures de la post modern dance, Trisha Brown. Pièces des années 70 (« Early works », « Equipment Pieces »…), films, performance, rencontre, formation pro, stage pour enseignants… le programme est copieux. Trisha Brown n’a cessé de remettre en question son travail dans des relations dance/musique, danse/arts plastiques où l’instinct se confronte aux contraintes, avec notamment l’improvisation structurée qu’elle instrumente, défiant la pesanteur, sur des supports divers (arbres, toits, façades d’immeubles…). Elle développera plus tard des chorégraphies basées sur des systèmes mathématiques d’accumulation où, allongées au sol, les danseuses répètent un même mouvement calme et régulier, l’associant rapidement à d’autres mouvements enchaînés, répétés et cumulés sur, notamment, une musique du Grateful Dead, voire, aussi, dans le complet silence (« Accumulation », 1971).

Du 17 oct. au 4 déc. 2009. Centre national de la danse, 1, rue Victor-Hugo 93500 Pantin - www.cnd.fr

Réservations : reservation@cnd.fr

Théâtre national de chaillot 1, place du Trocadéro 75116 Paris - www.theatre-chaillot.fr

CNDC, théâtre Le Quai, Cale de la Savatte, 49000 Angers www.cndc.fr

La saison 09>10 en images!

8 octobre 2009 - Gérard Valat

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john-lennon-yoko-ono-1okJOHN LENNON & YOKO ONO AU MARCHE BIRON, HENRY PESSAR - Entre un mariage en catimini à Gibraltar et un voyage de noces un peu plus remuant à Amsterdam, le couple révolutionnaire fait, comme tout le monde, ses emplettes aux « puces » de Saint-Ouen, que John trouvaient « Magical ». Henri Pessar, journaliste et photographe, notamment pour « Paris Match », était l’une des figures des trépidantes sixties. Photographe de stars il a mis en boîte les Beatles, les Stones, Dylan, mais aussi Garbo Jacqueline et Onassis, Sofia, Gina et tant d’autres… En 1969, les Beatles allaient se « crasher » avec un bruit sec, comme un « Double Blanc » au comptoir. Le « Revolution 9 » de Lennon restant en travers de la gorge du « petit » Paul, vexé de découvrir à la sortie de l’album ce morceau fourre-tout, collage sonore bruitiste proprement révolutionnaire, lui qui s’attribuait depuis des lustres la paternité de ce type de collages surréalistes… En tout cas, la période, tout en Beatlemania remasterisée, est bien choisie pour exposer la centaine de photos prise en mars 1969 par Henry Pessar, à l’occasion du « 4e Mondial de l’Antiquité ». Le Marché Biron, avec ses 220 antiquaires et marchands d’art à la réputation internationale, est l’un des plus prestigieux marché d’art en France. Déambulation en écoutant la musique des Beatles et de Lennon…

« Sur les traces de John Lennon & Yoko Ono au Marché Biron ». Exposition de 100 photographies d’Henry Pessar au Marché Biron, du 9 au 25 octobre 2009. Marché Biron, Puces de Saint-Ouen - 85, rue des Rosiers 93400 Saint-Ouen. www.parispuces.com

8 octobre 2009 - Gérard Valat

parr_markneville2PLANETE PARR - la collection de martin parr - Le Jeu de Paume a eu la belle envie d’ouvrir en grand ses espaces aux « collections » du photographe « documentaire » Martin Parr. Maître anglais foutraque (né en 1952), s’amusant de l’ironie, de la dérision, voire, s’il le faut, d’une jolie teinte de cynisme, dans des images colorées, luxuriantes et inspirées ! Nul besoin de gratter, cependant, pour être bouleversé par la dimension sociale de son travail, héréditaire, comme une maladie. Des photographies en noir et blanc de la Grande-Bretagne ultralibérale de Margareth Thatcher - qui montre, avec une féroce nostalgie, l’extinction de tout un pan de la société populaire britannique -, au tourisme de masse - dont il a traqué impitoyablement le mauvais goût et la folie consumériste tout autour de la planète (« Small World »), le travail de M. Parr s’est radicalisé dans sa perception ambiguë du monde moderne dans lequel nous tentons de résister… L’exposition comprend de nombreux livres d’art sur la photographie que M. Parr adule et collectionne, des photos d’autres photographes qu’il admire ou qui l’ont influencé, des cartes postales, posters et quantités d’objets plus ou moins kitch, souvent à connotation politique, glanés lors de ses différents voyages. La série « Luxury » met en lumière l’incroyable superficialité de la mise en scène des réceptions mondaines et les excès manifestes des super-riches alors que les classes, de plus en plus moyennes, elles, attendent dans une drastique pénurie une fin du monde sans cesse annoncée… C’est peut-être là, finalement, au-delà de toutes les controverses, que se trouve le dernier champ de bataille…

« Planète Parr » La collection de Martin Parr. Jeu de Paume Concorde, du 30 juin au 27 septembre 2009.

10 septembre 2009 - Gérard Valat

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iledepaquesMAX ERNST, “UNE SEMAINE DE BONTE”, LES COLLAGES ORIGINAUX, MUSEE D’ORSAY - C’est en 1933, dans les moments sombres de l’Europe, que Max Ernst achève ce roman-collage composé de 182 collages surréalistes. Il fait partie des invités de la duchesse de Gramont à Vigoleno, au nord de Parme, dans l’Italie déjà mussolinienne et s’attelle à la réalisation de son troisième ensemble de collages, séries qui ébranlèrent les esprits surréalistes. L’exposition du musée d’Orsay déflore - après Vienne, Brühl (lieu de naissance d’Ernst), Hambourg et Madrid -, pour la première fois depuis plus de soixante ans, à la vue ces 184 collages originaux qui n’avaient été montrés au public qu’à Madrid en mars 1936, au début de la guerre civile. Les bagages d’Ernst comprennent des reproductions de gravures de G. Doré, du long poème gravé de J. Milton ainsi que des revues populaires de l’époque où les gravures des feuilletons se disputent le crime, l’adultère aux scandales licencieux, à l’érotisme sulfureux… Héritier, peut-être, d’un Jérôme Bosch, son « Jardin des délices » est intériorisé, civilisé, urbain, mais tout autant violent, au bestiaire éprouvant l’âme humaine de souffrances sans répit. L’Europe se prépare à ses plus vils massacres, Ernst, artiste visionnaire, donne à en voir une représentation singulière, stylisée, hystérique, d’une cruelle et incroyable beauté…

Max Ernst : « Une semaine de bonté », les collages originaux. Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion-d’Honneur 75007 Paris. Du 30 juin au 13 septembre 2009. Tél. : 01 40 49 48 14. www.musee-orsay.fr © Isidore ducasse Fine Arts - Photos Peter Ertl. © ADAGP, Paris 2009

3 septembre 2009 - Gérard Valat

devant-priestGEORGE CONDO, LA CIVILISATION PERDUE - En allant voir ou revoir les œuvres de Guy Peellaert, au musée Dina Vierny, impossible de passer à côté de l’intrigant accrochage George Condo. Celui-ci s’inscrit dans un cycle d’expositions consacrées à la jeune peinture américaine. Après Jean-Michel Basquiat (en 1997) et Keith Haring (en 2003), c’est au tour de George Condo qui a émergé sur la scène new-yorkaise au début des années 80 et est, lui, encore bien vivant. Il ne faut surtout pas s’arrêter à l’impression primordiale, à la vue de ces grandes toiles à la parfaite maîtrise - personnages grotesques, bouffons, scènes caricaturales, violentes, à la sensualité dérangée, hypersexualité morbide, loufoquerie exacerbée… - qui donne immédiatement l’envie de partir dans des fous rires hystériques de dément éperdu. La peinture est forte, Condo brasse et brosse un grand pan de l’histoire de la peinture européenne, recycle tous les courants picturaux en se les réappropriant avec une belle énergie libératrice. Défigurant le cubisme, dérapant sur l’expressionnisme abstrait, se vautrant allégrement dans l’impressionnisme, pastichant avec grand talent ses prédécesseurs, il s’empare tel un pirate Caraïbe de leur histoire et la fait sienne avec ravissement…

George Condo : « La Civilisation perdue », musée Maillol, 61, rue de Grenelle - Paris 7e. Tlj sauf mardis et jours fériés, de 11 à 18 heures. www.museemaillol.com

2 juillet 2009 - Gérard Valat

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pellaert-visuel-tina2d9f57GUY PEELLAERT, “BYE BYE, BYE BABY, BYE BYE” - Le musée Maillol rend hommage au travail de Guy Peellaert, décédé à Paris, en novembre dernier, à 74 ans. Formé aux Beaux-Arts de Bruxelles, Guy Peellaert, « monte » à Paris dans les années 60 et collabore peu après au journal « Hara Kiri ». Peintre graphiste, etc., il a tout juste vingt ans quand le rock’n roll (« Tutti Frutti ») le prend à la gorge et ne lui laisse plus jamais de répit. De pochettes de disques (« Diamond Dog », de Bowie, « It’s Only Rock and Roll » des Stones…) en affiche de films (« Taxi Driver », « Nick’s Movies »…), Peellaert creuse un sillon indélébile au cœur du rock. Il expose en 1976 les planches de « Rock Dreams » au Roxy, le club de Lou Adler à Los Angeles. Le livre, fruit de la rencontre avec le « Critic Rock » Nick Cohn (« Awopbopaloobop Alopbamboom »), publié en 1972 sera écoulé à un million d’exemplaires. C’est une partie de ce travail, très personnel quant à la facture (croquis, calques grattés, peinture, photo, aéro, recalque, rephoto…), qu’expose la Fondation Dina Vierny. Une série de « portraits » des grandes figures, héros du rock où la nostalgie rejoint le rêve ou la fantasmagorie dans un travail somptueux. Il faut saluer l’excellente idée, la visite de l’expo se fait au son du rock’n roll. Rock on !

« Bye Bye, Bye Baby, Bye Bye », Guy Peellaert. Fondation Dina Vierny - Musée Maillol, 59-61, rue de Grenelle, 75007. Jusqu’au 28 septembre 2009, tlj sauf mardis et jours fériés, de 11 à 18 heures - www.museemaillol.com

En vignette : « Tina turner », 1973 (technique mixte ; 52×44,5 cm). Coll. J.G. Bitoun. © Guy Peellaert.

En grand : « Elvis Presley », 1972 (technique mixte ; 59.5×50 cm). Coll. Particulière. © Guy Peellaert.

25 juin 2009 - Gérard Valat

rosalie1946paMUSEE DE LA BANDE DESSINEE, ANGOULEME - La bande dessinée a un musée nouveau et il paraît fort logique que ce soit à Angoulême que s’épanchent ses cimaises. Capitale mondiale du 9e art, elle a, tout de même, 35 années de bulles au compteur. Tout le monde, comme M. Jourdain, a fait de la BD sans le savoir, dans la marge de ses cahiers d’écolier ou sur Post-it (comme dans « The Big Lebowski »). Mais, de Rodolphe Töpffer aux mangas (« Hokusai Manga »), en passant par « Spirou » ou « Pilote », l’émancipation de « l’Echo des Savanes », de « Fluide Glacial », l’intrusion de « Charlie » ou de « Hara Kiri », en France, Shelton (Freak Brothers), Crumb (Fritz the Cat), Cobb (« My Fellow American »), chez les Anglo-Saxons, le spectre est large, et la BD a définitivement acquis ses « lettres de noblesse ». La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image présente plus de 8 000 planches et dessins originaux et réunit un musée, une bibliothèque patrimoniale, une bibliothèque publique spécialisée, une résidence internationale d’artistes, une librairie, un cinéma (2 salles d’art et essai et de recherche), un restaurant panoramique, j’en oublie ! Donc, chaussez vite vos charentaises, et au galop, d’autant que ce week-end, du 20-21 juin (fête de la Musique !), le musée ouvre ses portes gratuitement à tout public.

Cité internationale de la bande dessinée et de l’image - 121, rue de Bordeaux, 16023 Angoulême Cedex. Tél. : 05 46 38 65 65 : www.citebd.org

18 juin 2009 - Gérard Valat

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par-devant-massonMUSEE DE LA POSTE, LE BESTIAIRE D’ANDRE MASSON - Dès les années 20, André Masson, emporté par la fièvre délirante du surréalisme, maladie infantile, est littéralement fasciné par le monde animal. Fou de bêtes, de bestioles, les insectes d’abord, sa vie campagnarde en fait l’observateur illuminé des combats épiques où le minéral et le végétal s’affrontent en luttes oniriques au règne animal. L’humain, mi-cochon, mi-dieu, est malmené, broyé dans des scènes sexuées, où une sensualité enivrée l’emmène, de métamorphose en métempsycose, à sa propre perte. Comme d’autres avant lui, l’Espagne et ses taureaux continueront d’envoûter Masson… Avec Picasso, les bêtes encornées habillées de noir sont meurtrières, le torero s’en sort mal, le cheval est éventré, le taureau, finalement, est immolé à la fertilité de Mithra. Le sang gicle, pisse, éjacule à la face du monde ébahi ! Picasso dira à un jeune torero, avant que celui-ci n’entre dans l’arène : « Quelle chance tu as, peut-être tu vas mourir et tu ne le sais pas ! » Plus de 150 œuvres (huiles, dessins, aquarelles…), des livres illustrés (Bataille, Leiris, Soupault, Breton…), un cabinet érotique où la zoophilie rend gorge à l’animalerie, la projection du documentaire de Nelly Kaplan sur les carnets secrets de Masson « A la source, la femme aimée », où l’on voit les influences mutuelles qui lieront Pollock et Masson…

Le bestiaire d’André Masson - Musée de la Poste - 34, bd de Vaugirard, Paris 15e. Du 6 avril au 5 septembre, de 10 à 18 heures (tous les jours sauf dimanches et jours fériés). Tél. : 0142792424. Réservation : reservation.dnmp@laposte.fr

11 juin 2009 - Gérard Valat

01_mcc6800_irish01_lrDON MCCULLIN, REPORTERS SANS FRONYIERES - De l’offensive du Têt, au Viêt Nam en 1968, au massacre des Palestiniens de la Quarantinia, en 1976 au Liban, de la famine du Biafra, au Nigeria en 1968, à la guerre civile à Londonderry, en Irlande du Nord en 1971, Don McCullin embarquera pour tous les fronts pour rendre compte de l’horreur, celle de la guerre, de la barbarie, de la misère, de la mort qui rôde, sans relâche, pour frapper les plus démunis. Le regard jeté sur le monde de l’autodidacte McCullin est sans concession, la vision qu’il offre à ses contemporains n’a pas de place pour le romantisme, les images ramenées des zones les plus déchirées de la planète sont crues, elles ont un goût de sang, de cendre, hurlent de faim et crachent au monde ce qu’il est : trivial, meurtrier, assassin, sans pitié. En 1961 il part (à ses frais) tirer le « Mur » de Berlin en construction, puis intermède cocasse, photographie, à leur demande, les Beatles un an avant leur séparation, en 1968, puis les sans-abris de l’East end de Londres, en 1969, enfin, après avoir témoigné de tous les conflits, il se tourne vers d’autres sujets tels que les paysages de ses terres d’origine, les ethnies d’Afrique ou, encore, part sur les traces de l’Empire romain. En achetant cet album, vous aidez Reporters sans frontières à soutenir les journalistes qui parcourent la planète pour nous raconter ce qui s’y passe…

100 photos de Don McCullin pour la liberté de la presse, Reporters sans frontières47, rue Vivienne, 75002 Paris. Tél. : +33 (0)1 44 83 84 84.

© Don McCullin/Contact Press Images.
petite: « Sans-abri irlandais », East End, Londres, Grande-Bretagne, 1969.
grande: « Famille Bume », vallée de l’Omo, sud de l’Ethiopie, 2002.

20 mai 2009 - Gérard Valat

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couv_grand_parisptLE GRAND PARIS, LES COULISSES DE LA CONSULTATION - Les éditions Archibook publient l’indispensable ouvrage pour tout savoir (et briller en ville) sur les dessous, fort osés pour le coup, de la consultation qui a présidé à « l’extrapolation » du Grand Paris. Les dix agences d’architecture retenues - Grumbach, Portzamparc, Nouvel, Duthilleul… - dévoilent leurs scénarios et dessins, visions d’un Paris du xxie siècle à la fois créatif et durable, avec comme « cahier des charges » le protocole de Kyoto et le Grenelle de l’environnement. Dix agences, donc, pour transformer le joli bois de Vincennes en véritable Central Park, les toits de la capitale recouverts de panneaux solaires, une gare Europe à Aubervilliers, des ministères placés en périphérie, un réseau de transports ultraperformant… et, plus surprenant sans doute, Le Havre comme perspective maritime de la métropole. Vous désirez savoir à quoi ressemblera ce Grand Paris de 2030, une capitale avec vue sur la mer…

« Le Grand Paris - Les coulisses de la consultation », Michèle Leloup et Marion Bertone - Archibooks + sautereau éditeur, Paris2009 (21,90 €). 18-20, rue de la Perle 75003 Paris.  www.archibook.com

14 mai 2009 - Gérard Valat

hoe1« MONSIEUR HOËL ET SES BONS TUYAUX » - Un grand timide, drôle et poétique ? Assurément ! Un artiste ultrasensible presque zazou, un rien dingo, limite Professeur Foldingue ? Certes, mais alors, avec un rien tatiesque quant à la ligne longiligne d’éternel rêveur ! Ouais ! Pourtant, Monsieur Hoël a un vrai talent de musicien, bricoleur dans l’âme, jouant de tout et de rien, inventeur de bruits et de machines, de sonorités baroques, utilisant tout ce qu’il a sous la main (radio rétro, « bouteilles de Pan », sax ou clarinette en PVC, ballons de baudruche envoûtés, gants Mapa gonflés de sortilèges, kalimba, bric-à-brac sonore…) pour émerveiller enfants et plus grands… Des histoires sans paroles qui laissent sans voix les petits spectateurs. Et, lorsqu’il lui arrive de reprendre parole, c’est à l’envers qu’il le fait (attention, pas en verlan, en « nalrev »), plutôt amusant, mais pas évident ! En attendant de le voir de nouveau sur Paris, Monsieur Hoël sera ce printemps sur les chemins des vignobles du Languedoc, entre caves et salles de spectacle, entre cépages et (bonnes) vibrations… Voir les liens ci-dessous.

Le 13 mai à 19 h à Saint Drézéry ; le 15 mai à 18 h à La Tour sur Orb les 16 et 17 mai au domaine d’O, à 15 h et 17 h, le 19 mai à 19 h à Grabels ; le 20 mai, à 15 h à Viols-en-Laval (tout cela en Languedoc-Roussillon).

Le programme du festival sur le site du CDN de Montpellier : http://www.theatre-13vents.com/ Les sites de « Monsieur Hoël » : http://www.myspace.com/monsieurhoel http://monsieur.hoel.site.voila.fr/

7 mai 2009 - Gérard Valat

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LIFE AFFICHE ABS14ABS14, GRANDE NUIT ELECTRONIQUE AU LiFE - Envie subite de se la jouer OSS 117, un rien couillon et franchouillard, mais tellement bandant… de toute façon, elles seront toutes là (oui, toutes !), à vous attendre, au LiFE, à la Grande Nuit électronique, le samedi 9 mai. Le LiFE, Lieu international des Formes Emergentes, situé dans l’alvéole 14 de la base des sous-marins de Saint-Nazaire. Palmes et tuba de rigueur (en tout cas, il y aura des bulles !), of course ! Donc, Jeff Mills (Detroit) - 25 ans de cabane, il a créé son propre label, Axis, pour produire ses compo électro inspirées de science-fiction -, Myako (Nantes) - au mix chargé d’énergie pure au groove dingo de la Ghetto House -, Monolake - ingénieur du son créant de subtiles ondes sonores destructurant les espaces physiques et mentaux - et DJ Pete - inspiré des sons de Detroit et de Chicago, il est, avec « Scion », l’une des figures majeure de la scène berlinoise - (Berlin) et Chloé (Paris) - qui lie ses structures minimalistes à la douceur de sonorités proches de l’intime -, vous secouerons la couenne, une façon de voyager à travers les écoles de l’électro jusqu’au petit matin dans des scénographies épurées d’Aquabassimo (Wilfrid et Olivier Jaunâtre). Il devrait faire beau !

« ABS14 » - Grande Nuit Electronique au LiFE, Lieu intrenational des Formes Emergentes - Base des sous-marins, Alvéole 14 - Bd de la Légion d’Honneur - 44600 Saint-Nazaire. Tél. : +33 (0)2 28 54 99 45. Navettes gratuites entre Nantes et Saint-Nazaire (02 28 54 05 46). com@lelife.org / www.lelife.org

http://www.youtube.com/watch?v=p_MUW1LRpyo&feature=related (Jeff Mills - Detroit Electronic Music Festival 2007)http://www.youtube.com/watch?v=Wo77GR9XOSc&feature=related (Jeff Mills @ Wire02 Pt.2)

30 avril 2009 - Gérard Valat

N05056WILLIAM BLACK - LE GENIE VISIONNAIRE. - William Black (1757-1827) l’incompris, le controversé. Le génie solitaire guidé par ses anges, obscur et visionnaire, mais éblouissant, pour certains, créateur dérangé, maudit, à la folie irritante pour la plupart de ses contemporains. Il n’empêche, son influence sera prégnante, ses écrits « illuminés » influenceront durablement les esprits éclairés. Des héros de la Beat Generation, de Ginsberg, le poète éthéré de « Howl », aux « cut-up » chaotiques de Burroughs, aux surréalistes proches de Breton, jusqu’à Patti Smith et Jim Jarmusch, notamment, avec la référence hommage du film crépusculaire « Dead Man ». Poète, peintre, graveur… son inspiration hallucinée l’emmènera à converser avec les textes sacrés. Tutoyant les Dieux, accompagné d’anges initiateurs, il y mêle ses propres fantasmes au lyrisme échevelé d’un romantisme profond et sombre… « Hécate » ou « la Nuit de joie d’Enitharmon », belle estampe charnelle à la violence à venir, où la déesse lunaire et souterraine resplendit de sa toute-puissance. Entre ciel et enfer, au sein même de ses monstres, elle entraîne les âmes dans ses rêts, dévoile les désirs secrets ou refoulés de l’inconscient, explore les terreurs et cauchemars des déjà repentants. « La folie est un labyrinthe sans fin, des racines enchevêtrées embrouillent ses chemins. Combien sont tombés là ! Ils trébuchent toute la nuit contre les os des morts… ». Cette très rare exposition regroupe quelque 150 dessins, gravures, enluminures, livres et aquarelles.

William Black : « Le génie visionnaire ». Du 2 avril au 28 juin 2009 - Petit Palais, avenue Winston-Churchill, 75008 Paris. En vignette et en entier, en cliquant sur le visuel, « Hécate » ou « La Nuit de joie d’Enitharmon », vers 1795. Estampe en couleurs rehaussée à l’aquarelle. 439 x 520 mm. © Tate Great Britain.

23 avril 2009 - Gérard Valat

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© 2009 Andy Warhol Foundation for the visuals arts inc. /Adagp, Paris, 2009.« LE GRAND MONDE D’ANDY WARHOL » – Saint Andy, l’ultime dandy, a toujours dit oui. Oui à la vie, au glamour, au rock’n roll. Oui à l’art, bien sûr, et surtout aux verts dollars, si sexy… « Tous nos mélanges cotés en Bourse… », chantait Alain. Cet hyperactif, admiratif de Beuys et de Bacon, entre autres, aura tiré au Polaroïd la plupart de ses contemporains qui ont eu prise sur la scène artistique ou médiatique : Hopper, Hockney, puis Marilyn, Liz, Brigitte, Diana, Jacky, ou Debbie, Elvis, Lou, Mao, Capote… 250 portraits « sérigraphiés » (25 000 $ le 1er tirage, 15 000 pour les suivants – celui qui n’a pas son Warhol à 50 ans…) faits d’a-plats de couleurs éclatantes (pop !) souvent rehaussés de jets d’encre ou de peinture acrylique, coups de brosse, stries épaisses, maculations soulignant ou surlignant les traits, effaçant, ajoutant, écriture, réécriture chirurgicale façonnant des visages autres, ses gueules, galerie d’icônes starifiées, masques warholisés pour une éternelle transfiguration… Des images, donc, comme celle du triple Elvis, Prométhée brûlant les étapes à violents et insolents coups de hanches. « The King », en 1963, à jamais viril et sensuel, ténébreux, rebelle, aux regards noirs fixés sur Andy, qui fut « révolvérisé » en son temps. Double ceinturon, pistolet à barillet au poing, poignant poignard au côté, fondu au gris s’effaçant, comme happé par la mort impatiente. Thanatos encore, puisqu’il faut y passer, dans ces crânes, sublimes vanités, peut-être les plus fortes, les plus profondes, où l’ombre portée des ossements laisse apercevoir le profil d’un nouveau-né. Ainsi Andy, comme dans « Ligeia », le conte de Poe, refuse la mort et inscrit, définitivement son désir d’immortalité…

Galeries nationales du Grand Palais, entrée Porte Clemenceau, place Clemenceau. Du 18 mars au 13 juillet 2009.

19 mars 2009 - Gérard Valat

e52-15ptOda Jaune « May you see rainbows ». - La Galerie Templon présente les œuvres, d’une maturité fort culottée, de la toute jeune peintre allemande Oda Jaune. Née en 1979 à Sofia, après avoir été l’élève du peintre Jörg Immendorff, elle vit et travaille à Paris. Entre réalisme protosocialiste acculant à l’angoisse et surréalisme onirique d’une fascinante et sensuelle morbidité, Oda Jaune développe un monde personnel fabuleux où se télescopent des scènes de la vie quotidienne à la sexualité fantasmée. Corps disséqués, voire dépecés, morceaux de chair, tripes prenant l’air, élégantes difformités dans des décors aseptisés où règne une folle tranquillité… Les toiles sont fortes, impressionnent quand on sait qu’Oda Jaune travaille directement ses peintures sans aucun dessin préparatoire. Une forme oblongue, olisbos de chair ou « doigt souillé » allongé sur un divan, à confesse, prolongée d’une paire de jambes et de pieds qu’une manucure bichonne tandis qu’une autre « soignante » semble captivée par d’étranges organes visqueux à la lumière d’une lampe de chevet… Au premier plan, un amas de chair, comme une nébuleuse fantasmagorique d’où sortirait un monde en gestation parmi l’éclosion de fleurs sans aucun doute carnivores. Aussi une magnifique vanité au crâne blessé fait face à une tête sans visage, métamorphose anthropomorphique d’où semble jaillir une forme pénienne (peut-être un étron ?) surdimensionnée et, pour le coup, une scène au trouble presque dérangeant…

© Courtesy Galerie Daniel Templon, Paris.

Oda Jaune, « May You See Rainbows », jusqu’au 11 avril. Galerie Daniel Templon, impasse Beaubourg - 75003 Paris - Tél. : 01 42 72 14 10 - www.danieltemplon.com

12 mars 2009 - Gérard Valat

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e51-12ptRON ARAD - « NO DISCIPLINE » - Touche-à-tout génial, Ron Arad navigue (tangue) entre design, architecture et arts plastiques. La rétrospective du Centre Beaubourg présente un ensemble très complet des travaux du créateur britannique. Des pièces majeures aux prototypes, des séries limitées aux objets de production industrielle, maquettes d’archi, vidéos… Ron Arad est une figure iconoclaste de la création contemporaine en recherche constante de nouvelles technologies, jouant avec les possibilités limites de la forme et de la fonction, proche du déséquilibre, avec la stabilité, peut-être, du funambule… amoureux de l’elliptique, du sinusoïdal, de l’ovoïde, bondissant tout petit sur l’anneau de Mœbius, il crée de grosses nouilles al dente, à l’encre marine (de seiche), formes molles (Matching), chaise longue, éclectique, à porteur, musicale, à bascule… Le « Big Easy Volume 2 », en acier poli, sorte d’énorme tête de Mickey sur laquelle poser son séant, embouti dans un bloc de métal d’une seule pièce. Miroir déformant reflétant et fantasmant le décor environnant en subtile abstraction. Ou encore, la « Box in Four Movements », 4 sections en acier inox reliées entre elles par des charnières. Le « Cube », lorsqu’il est replié sur lui-même, se transforme en chaise ou en table basse et se fige en n’importe qu’elle position répondant alors au plus près à vos préoccupations du moment.

Ron Arad « No Discipline », Centre Pompidou, Galerie Sud, niveau 1. Place Georges Pompidou 75004 Paris. www.centrepompidou.fr Catalogue « Ron Arad No Discipline », Editions du Centre Pompidou. 220 pages, 34,90 €.

5 mars 2009 - Gérard Valat

imagearticle12ASGER JORN, DESSINS – L’artiste danois bourlingueur a peint partout en Europe et dans le monde, avec une énergie et une curiosité intactes. A Paris, il est l’élève de Fernand Léger, avant de seconder Le Corbusier à la fin des années 30. Durant la guerre, cloîtré au Danemark, il incube les leçons de Kandinsky, Klee, Miró… De retour à Paris, après guerre, il participe à la création de l’éphémère et vivifiant mouvement CoBrA (1948-51), avec Dotremont, Constant, Appel, Corneille… en réaction à la polémique abstraction/figuration de l’époque. Asger Jorn est de toutes les avant-gardes ; séduit par le principe d’une révolution permanente de la vie quotidienne de Guy Debord, il se lie d’une amitié durable avec celui-ci. Il rejoint pour quelque temps l’Internationale situationniste puis, de retour de Cuba, réalise 4 affiches lors de la révolte de Mai 68. Peintre, sculpteur, graveur, céramiste et tisserand, c’est le dessin qui détermine son processus créateur. A l’instar de Pollock, Asger Jorn, entre abstraction et surréalisme, est profondément marqué par l’art populaire et l’art primitif de son pays. Ses dessins éclatent en jets de couleur ou d’encre de Chine : lyrisme, spontanéité, trait primal, dessins d’enfant vifs et brutaux où apparaissent, sortis des rets de la tourmente de l’imaginaire, monstres marins, animaux grimaçants, demi-dieux défroqués, incubes et succubes jetés en taches d’énergie pure, ombres fuyantes anthropomorphiques engloutissant tout : têtes aux orbites évidées, bouches édentées, ossements rongés, fureurs… Le Centre Pompidou présente une centaine de dessins et d’aquarelles issus du Silkeborg Kuntstmuseum, au Danemark.

Asger Jorn « Dessins », Centre Pompidou, Galerie d’art graphique, niveau 4 – 75003 Paris. Du 11 février au 11 mai 2009. www.centrepompidou.fr

26 février 2009 - Gérard Valat

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