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col-lettoCOL-LETTO, NUSA JELENEC, LAGO - Est-ce un effort pour contrer la crise qui souvent, grève aussi la natalité ? Lago, le design italien qui a toujours eu la tête au carré, se met au souple, au doux, au rembourré qui s’effeuille ou s’épluche d’un coup de velcro. Sorte de nid à sommier, son Col-Letto (© Lagostudio) dessiné par Nuša Jelenec est un lit à col roulé particulièrement accueillant qui, outre l’avantage d’éviter de se bugner les tibias contre des angles acérés, offre une invitation à se lover dans le giron d’un beau panier, incite à se réfugier à deux de préférence, dans une tanière molletonnée. De quoi stimuler les envies de nidifier, pour 2 550 € environ.

2 septembre 2010 - Anne Melcer

originedumonde3L’ORIGINE DU MONDE, MAYBE !, STUDIO ITALO ROTA - Son nom annonce la couleur - vive -, mais la vue de ses formes anatomiques, de son fond utérin et de ses sous-entendus criants remue quand même étrangement les méninges pour un fauteuil ! L’Origine du Monde Maybe !, assise matricielle de l’Italien Rota n’a rien d’exhibitionniste mais un truc impudique, sexué et très accueillant, un physique de nid en puissance, activé par sa table lampe priapique qui, au fond, n’est là que pour éclairer sa voluptueuse et accueillante beauté (© studio Italo Rota).

2 septembre 2010 - Anne Melcer

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fourthplinth_locke2FOUTH PLINTH, TRAFALGAR SQUARE, LONDRES - Depuis quatre ans, le Fourth Plinth, l’un des promontoires de Trafalgar Square est le lieu de propositions artistiques assez débridées, qui présentent bien autre chose que des victoires en bronze casquées. L’histoire, pourtant, voulait qu’une sculpture équestre y soit installée selon les plans de 1841 de Sir Charles Berry. Mais la devise faisant défaut, le promontoire ne devint monté que 150 ans plus tard, lorsque trois sculptures contemporaines y furent tour à tour installées, ce petit manège intéressant grandement les Londoniens qui incitèrent les autorités décisionnaires à poursuivre l’expérimentation. Voilà donc que Fourth Plinth remet ses atouts en jeu et que six candidats sont en lisse pour y percher leur œuvre durant les jeux Olympiques et para-Olympiques de 2012.

Sera-ce Allora et Calzadilla avec leur Non titled, un orgue-guichet automatique dont la musique résonnera sur toute la place ?

Ou alors Elmgreen et Dragset, dont la Powerless Structures interroge le vrai héroïsme depuis son cheval à bascule (en cliquant sur la vignette) ?

Peut-être les Londoniens lui préféreront-ils le coq de Katharina Fritsch, dont le bleu marin quasi Klein titille le mâle Grand-Breton…

Il y a aussi Battenberg de Brian Griffiths, sponge cake (gâteau de Savoie) géant en briques ? A moins que ne l’emporte le syncrétisme de l’équestre Sikandar de Hew Locke, revisitation de la statue de Sir George White (en vignette) ?

Ou le It’s Never Too Late And You Can’t Go Back, étrange montagne à deux visages de Marie le Neudecker ?

Le nid tant convoité sera attribué après que le public et la commission de Fourth Plinth auront voté.

Fourth Plinth 2010 shortlist exhibition, jusqu’au 31 octobre. The Foyer, St-Martin-in-the-Fields, Trafalgar square, Londres. www.london.gov.uk/fourthplinth/content/events)

2 septembre 2010 - Anne Melcer

cover1VILLA TEO, JEAN-BAPTISTE PONTECORVO, RAYMOND GUIDOT, EDITIONS DE L’HUMANY-TERRE - C’est un conte, une dérive sur la ligne cellulaire, celle de l’infiniment petit créatif qui se dessine sous la conversation entre le designer Jean-Baptiste Pontecorvo et l’historien du design Raymond Guidot. A suivre, page après page, une construction humaniste, traduite en livre d’images 3D qui formalise la Villa TEO et quelques objets culturels (en cliquant sur la couverture : le living dunes). Un ouvrage régénérateur, pas cher (32 €), écologique et durable sur la « modernité domestique triomphante », traduit Gilles de Bure. Un reflet des connaissances qui n’aboutit pas à la possibilité d’une île mais à une prospection calme et amusée sur le mieux-être, message déjà diffusé par le sous-titre de l’ouvrage, en forme de manifeste : « Temps, espace & oxygène » (TEO donc). Et si la Villa Teo, comme le souligne encore Gilles de Bure, était la vision projetée dans le futur de la villa Arpel, si chère à « Mon Oncle », de Jacques Tati ?

8 juillet 2010 - Anne Melcer

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pellerin1STORM, PAOLO PELLEGRIN, FASHION MAGAZINE - Il y a davantage qu’une tension d’avant l’orage dans les images de Paolo Pellegrin : il réside comme une poisse, une atmosphère plombée où rien ni personne ne respire. Un monde clôt teinté d’une sorte de désolation intérieure, projection du futur selon le photographe de Magnum (photojournaliste, double prix World Press) sollicité par le « Fashion magazine » de l’année. Au sein d’un même recueil, intitulé « Storm », les interprétations hétéroclites du futur, selon Pellegrin, séquencent paysages (en vignette), urbanités, mode, scènes et personnalités. Tantôt couleurs, tantôt noir et blanc, les photos semblent parfois conçues par des auteurs différents. Dans cet univers oppressant, où l’on côtoie Vivienne Westwood ou Alejandro Jodorowsky, les étendues sont sans horizon, les visages fermés et la mode, inutile. Les photos de marques sont mortes, éteintes malgré leur hypercontraste (en cliquant sur la vignette). De l’ensemble, une série se détache : cette suite de plans serrés sur des visages d’asiatiques, photos de l’ombre, images presque voilées par un grain photographique si intense que l’on croirait un crayonné. L’impression sur un papier bible rend plus fascinante encore la magnificence des noirs et la lumière des peaux qui perce à peine.

« Fashion Magazine » n° 5, « Storm » de Paolo Pellegrin. Edité par Magnum Photos.

8 000 exemplaires, disponibles en septembre (librairies spécialisées, musées et concept-stores). 25 €.

8 juillet 2010 - Anne Melcer

colline_museesLA COLLINE DES MUSEES, PARIS - Cet été, le musée du quai Branly, le Palais de Tokyo, le musée d’Art moderne de la Ville de Paris et la Cité de l’architecture et du patrimoine, tous situés sur la colline de Chaillot, œuvrent ensemble sous le label La Colline des musées pour proposer une programmation cohérente, malgré l’étendue de sa thématique : la jeune création artistique contemporaine. Au Palais de Tokyo et au musée d’Art moderne, Dynasty expose ainsi 40 artistes et 80 propositions de la scène artistique française. La Cité de l’architecture et du patrimoine présente Les Albums des jeunes architectes et des paysagistes 2009-10, travaux des lauréats du prix du même nom. Quant au quai Branly, il présente la création contemporaine indienne avec l’exposition Autres Maîtres de l’Inde.

Pour aller de-ci, de-là visiter la création contemporaine selon La Colline des musées, un pass a été créé qui permet de profiter des quatre adresses à des tarifs privilégiés.

La Colline des musées, jusqu’au 5 septembre. www.lacollinedesmusees.com

8 juillet 2010 - Anne Melcer

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bertholon1ENRAGES, FONDATION FRANCES, SENLIS - L’ère des petites fleurs et joliesses artistiques n’a pas encore sonnée pour la fondation Francès qui, après la perturbante exposition Mort ou Vif (Cf. « Culture Zap » du 1er octobre 2009), propose Enragés. Aux côtés du Français Ghyslain Bertholon, artiste invité, le couple Francès présente 10 œuvres internationales issues de sa collection, et compose un bestiaire plastique qui en dit long sur notre capacité de nuisance, sur la rage qui en est cause. Et effet. Animaux fatigués, abimés ou las, trophées ridicules de G.  Bertholon (en forme de cul de renard, par exemple) et bêtes sauvages devenues bêtes de foire défilent et stigmatisent la nature telle que voulue ou déviée par l’homme. Entre autres pièces remarquables, Captive, la chouette meurtrie de Claire Morgan et les hyènes de Pieter Hugo.

Enragés, jusqu’au 30 septembre 2010. Fondation Francès 27, rue Saint-Pierre - 60300 Senlis.

En vignette : Troché Vache, 2009, taxidermie et plexiglass,160 x 120 x 100 cm. Collection particulière © Ghyslain Bertholon, courtesy School Gallery. En cliquant sur la vignette, Claire Morgan, Captive © Collection Francès.

8 juillet 2010 - Anne Melcer

chairlessCHAIRLESS, VITRA - 85 centimètres de long sur cinq de large, un tissage de deux couleurs pas forcément heureuses ensemble, un prix qui se laisse discuter vu la chose : voici la Chairless de Vitra, sangle colorée faisant office d’assise lorsque l’on n’a rien d’autre à se caler sous le fessier (info déjà traitée sous un autre angle le 6 mai 2010). Si le formel n’a rien de très excitant, le concept, en revanche, est porteur d’au moins une bonne idée : celle qui consiste à révéler le design par son empreinte en creux. Ou sa capacité à s’interroger sur l’essentiel. Car cette sangle ne devient ce pour quoi elle est faite qu’à la condition d’être justement utilisée, à savoir, passée autour des genoux et du dos pour permettre au tout-venant non muni d’une chaise, de s’asseoir plus ou moins confortablement en tailleur (en cliquant sur la vignette). C’est donc l’individu qui donne une forme et un sens à cet objet, et non l’inverse. Bon, c’est aussi la possibilité d’avoir du Vitra signé de l’architecte du logement social chilien Alejandro Aravena chez soi. Et de bien adapter la pensée humaniste de ce dernier en lançant l’indispensable concept de l’apéro-dînatoire sur sol en béton ciré.

Chairless, Alejandro Aravena pour Vitra. Une partie des recettes issues de la vente de la Chairless est reversée à la « Fondation pour les communautés indiennes au Paraguay ».

1 juillet 2010 - Anne Melcer

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hd-kleinLES ELIXIRS DU PANACEE, PALAIS BENEDICTINE, FECAMP - Dans l’Olympe du spiritueux, on ne peut pas dire, malgré son nom engageant, que la Bénédictine et son petit goût de miel épicé soit au mieux de la branchitude. C’est pourtant en son palais rococo (fondé, au XIXe, par un précurseur du « retailtainment store »), devenu espace d’art contemporain depuis 1998, que se tient « Les élixirs de Panacée », une belle exposition qui célèbre, à sa façon, les 500 ans de la liqueur fécampoise. Une trentaine de pièces racontent l’alchimie, en évoquant la valeur des choses, la transformation de la matière, la profondeur de la nature ou la quête du savoir. Les œuvres mêlent jeunes et anciens artistes, fulgurances spirituelles de Klein (en vignette) et profondeurs originelles de Pascal Bircher (en cliquant sur la vignette) qui partagent presque le même bleu. Des installations toujours très narratives mais qui s’appréhendent et touchent facilement, une fois que l’on en sait les premiers mots.

Les élixirs de Panacée, jusqu’au 17 octobre. Palais Bénédictine, 110, rue Alexandre-le-Grand, 76400 Fécamp.

En cliquant sur la vignette : Pascal Bircher. Lost in darkness and distance, I am forced into speech, 2006-2008 (cristal, bleu de cobalt, medium, néons, tubes carrés acier, 65 x 150 x 100 centimètres) ; © Pascal BircherCourtesy de l’artiste et de la Galerie martinethibaultdelachâtre, Paris

1 juillet 2010 - Anne Melcer

jph_palet-bourbon-pour-assePALAIS BOURBON, JEAN-PAUL HEVIN - On peut bien prétendre que les femmes sont des accros du chocolat, il y avait pourtant majorité de messieurs encravatés, jeudi dernier, pour l’intronisation dans la boutique de l’Assemblée, des palais cacaotés de Jean-Paul Hévin (en vignette). Petites délicatesses noir café ou lactée de caramel (en cliquant sur la vignette), ces palets sérigraphiés aux contours de la séculaire institution ont fait fureur auprès des palais secs de députés venus en croquer, une coupe à la main. Intitulés Palais Bourbon, ces médaillons de chocolat sont modelés sur leurs grands frères, les Petits Palais, et sont dorénavant vendus à côté d’assiettes bleu-blanc-rouge, de chaussons pour bébé cocardiers et de pièces limitées de la céramiste Valérie Raymond-Stempowska. Le tout est vendu avec une faible marge, puisque distribués par une association à but non lucratif - la boutique, pas l’Assemblée.

Palais Bourbon, chocolats de Jean-Paul Hévin pour la boutique de l’Assemblée nationale.

24 juin 2010 - Anne Melcer

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jp-witkin_mep-c2ae-coll-mepVANITE, MORT, QUE ME VEUX-TU ? FONDATION PIERRE BERGE - YVES SAINT-LAURENT, PARIS - Que vivent et nous torturent longtemps encore nos futilités, nos vaines espérances, nos peurs existentielles et nos tourments morbides. Que vivent ces Vanités, nos restes insignifiants et signifiants qui tracent un fil rouge entre les cultures, les époques et les pensées, abreuvant l’art depuis des siècles en raccourcis parfaits de notre humaine condition. Qu’elles vivent et s’exposent comme aujourd’hui à la Fondation Pierre-Bergé - Yves Saint Laurent qui se consacre à la Vanité dans l’art depuis le XVIIe, via 70 œuvres (peintures, sculptures, photographies, vidéos) qui se répondent et se comprennent, malgré les distances et les temporalités… On y croise des memento mori, des pêcheresses repenties (Johan Moreelse), des Vanités théâtralisées (Renard de Saint André, Steenwijck), des chairs mortes éprouvant encore le baiser (Witkin), des vieillards et des enfants (Miradori), des images éprouvantes par le travail des contrastes et de notre imagination (Appelt). Ici, tout parle de mort et de résurrection, l’énergie et le mouvement y sont donc omniprésents. Comme sur les photographies de momies de Sophie Zénon (cf. « CB News Spécial Luxe » 2009), qui, en un ultime et subtil mouvement de l’objectif, vitalise la mise en scène ultime de la mort opérée par des vivants, respectueux ou terrifiés.

Vanité, Mort, que me veux-tu ? jusqu’au 19 septembre. Fondation Pierre-Bergé, Yves Saint-Laurent, 5, avenue Marceau, 75016 Paris.

24 juin 2010 - Anne Melcer

foot3EUROPEAN FIELDS, HANS VAN DER MEER - En 2002, lors d’un précédent mondial de football, un drôle de livre voyait le jour, qui présentait la préparation et la compétition des deux équipes queue de comète de la FIFA - le Montserrat et le Bhutan -, grâce à un match orchestré par l’agence hollandaise Kesselskramer et photographié par Hans van der Meer. Quatre ans après la parution de The Other Final, van der Meer présentait ses images saisies sur des terrains de foot européens sans éclats, ni public : European Fields, qui est exposée depuis plusieurs années (à Stockholm encore la semaine dernière). Sa vision de ce sport pratiqué partout est intimiste, dépouillée et juste en ce qu’elle permet de se souvenir que le jeu de ballon n’est pas un sport de luxe, mais un jeu mondial et photogénique même en terrain vague.

24 juin 2010 - Anne Melcer

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hd05bdDOUBLE JE, R’PURE, PARIS - Il y en a qui ont de la chance : une agence qui se dédouble entre Paris et New York, d’élégants locaux dans les beaux quartiers. Et le luxe de pouvoir éditer quelques pièces de design personnelles, dont Double Je, la dernière en date - vue aux Designers’Days. Sofa aux dimensions peu orthodoxes, objet duel et Janus mobilier à la fois psyché et divan, Double Je est, comme son agence-studio (Raison Pure/R’Pure), un deux en un qui cache en se montrant. Car s’il dissimule quiconque s’installe en son sein, il attire bien des regards, de par sa superficie, sa couleur et son miroir oblong de dossier qui renvoie les curieux à eux-mêmes… Supposée être une alternative mobilière à une société qui surexpose tout et tous, ce sofa a tout pour être remarqué. Tout, sauf le confort : roide et dur au fondement, il recueille peut-être les désirs de discrétions de ses hôtes, mais écarte tout risque de débordement, tant il est malaisé de s’y délasser (faisant mentir le visuel, en cliquant sur la vignette).

17 juin 2010 - Anne Melcer

tai-ping-05-ph-yann-deret-c2aeD-FORM, PATRICK NORGUET, GILLES CENAZANDOTTI, TAI PING, TASSINARI & CHATEL - La vaste salle du Grand Monnayage de la Monnaie de Paris suffisait à peine à contenir le magnifique récit de soie dessiné par Patrick Norguet et Gilles Cenazandotti pour l’éditeur et fabricant chinois de tapis de luxe Tai Ping. Déroulée sur onze mètres par trois, cette œuvre permet d’embrasser l’histoire des arts décoratifs français pratiqués au sein de la soierie Tassinari & Chatel, si tant est que l’on prend le temps de se pencher sur chaque détail et couleur de fil, entremêlés selon la technique du hand tuft (en entier, en cliquant sur la vignette, © Yann Deret). Motifs floraux éclatants posés sur une trame géométriques, qui s’épurent vers des lignes florales mordorées pour devenir bleus éthérés et dessins grisés : de quelque sens que l’on lise ce tapis, la transformation et la transmutation des formes et des couleurs est équilibrée, fluide, assez fascinante. L’ensemble a nécessité un an de travail et va entamer un voyage sans être morcelé.

17 juin 2010 - Anne Melcer

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domo_couv_okSE NOURRIR, DOMOVISION 2010, VIA - Entre catastrophes écologiques annoncées et catastrophes économiques amorcées, les deux compères du prospectif Domovision, soit Gérard Laizé (directeur du VIA) et Frédéric Loeb (directeur d’un cabinet d’études prospectives), ont tenté de tracer l’avenir du meuble de cuisine et de ses métiers, après avoir longuement étalé toutes les épreuves qui s’annoncent à court terme pour les pauvres consommateurs que nous ne seront plus, pour la plupart d’entre nous. Au menu de cette étude 2010 présentée à la presse le 1er juin, la pièce « cuisine » était à l’honneur, elle qui représente le quart du marché du mobilier français et qui, parce qu’elle concentre technologie, quotidienneté, alimentaire, questions de sécurité et de gestion des déchets, entre autres, stigmatise en quelque sorte tous les enjeux que le meuble va devoir affronter dans les années à venir. Pour le détail, il faudra patienter jusqu’à septembre, date de parution de l’étude Domovision 2010, qui traitera plus largement de la thématique de « Se nourrir ».

10 juin 2010 - Anne Melcer

ooms1ROAD-KILL CARPET, OOMS - Pendant que l’avenir se détricote, Ooms, studio batave auteur de trouvailles désarmantes (des chapeaux en cheveux humains, des commodes qui refusent de se fermer…), tricote un tapis pour voyeur domestique, moelleux et pervers à souhait, qui, au coin de ses 4m2 de laine étoffée, étale les restes stylisés d’un renard écrabouillé par une voiture. Entre attraction et répulsion, on aimerait bien se dire que l’harmonie du gris et du fauve aplati est ratée, que la qualité est mitée ou que le dessin est abstrait. Mais, non, c’est bien une petite charogne graphique qui fait le cachet de cette pièce de boucherie à 3 400 €. A commander sur le www.ooms.nl. Le fox en entier en cliquant sur la vignette.

3 juin 2010 - Anne Melcer

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bretillot« CULINAIRE DESIGN », MARC BRETILLOT, THIERRY DE BEAUMONT - Du design, de la cuisine, un regard inédit sur ce qu’est et ce que signifie la création dès lors que nous l’ingérons, voilà le ferment de ce livre qui retrace le parcours de Marc Brétillot, fomenteur du design Q et mangeur de haute volée. En marge du maigre ou de la nouvelle cuisine, le Brétillot armé de sa palette de couteaux et de pinceaux, s’interroge sur l’acte cuisinier, qu’il tambouille avec provocation. Ses expériences sont souvent détonantes, sa patte est douce ou violente, selon qu’il exploite le millefeuille géant ou qu’il en appelle à la cruauté de l’omnivore, qui souvent tente de faire repentance après avoir assassiné le petit veau de lait mitonné en escalope panée. Brétillot masse les papilles et exacerbe les gestes barbares de l’affamé, théâtralise l’acte alimentaire jusqu’au happening parodique. Cerise sur le gâteau, dans ce plat-là, fait de 184 pages, Brétillot livre aussi sa verve, mi-gouailleuse mi-écrite, à travers souvenirs de pensionnat drolatiques à donner froid dans le Cœur, réminiscences olfactives à s’évanouir. Et ode passionnée à son centre rond, son moi lunaire et oreiller, son ventre d’architecture du mets.

« Culinaire Design », Marc Brétillot avec Thierry de Beaumont. Editions Alternatives, 184 pages, 29 €.

3 juin 2010 - Anne Melcer

dorothee-3« PROTECTORS », SABINE PIGALLE, BAILLY - Dans une lumière sépulcrale, une ronde de fantômes, torse nu, hébétés ou extatiques, pose, les yeux vides et les mains pleines, corps de douleur vidés de leur sang, âmes martyrisées devenues, à travers le prisme photographique de Sabine Pigalle et les pièces de design qu’elle a choisi de leur confier, des logotypes mystiques pour corps de métier triviaux. A la belle Apolline aux dents arrachées et à la mâchoire broyée, les dentistes rendront grâce ; à la sulfureuse Marie-Madeleine (en cliquant sur la vignette) non encore grenouille de bénitier, les parfumeurs peuvent se consacrer. Tragi-comique égrégore de spectres aux coiffures tortueuses et impeccables comme il se doit, puisque le cheveu est lien avec le divin, les Protectors de S. Pigalle sont des super-héros d’autrefois, dit-elle, des saints incarnés ici en poupées poudrées, lasses d’être si laborieuses.

« Protectors », de Sabine Pigalle, jusqu’au 26 juin. Galerie Bailly Contemporain, 38, rue de Seine, 75006 Paris. « Protectors » est aussi un livre-catalogue publié chez Intervalles.

27 mai 2010 - Anne Melcer

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flower-table-packshotNOE DUCHAUFOUR-LAWRANCE, CHAMPAGNE PERRIER-JOUËT, GALERIE BSL - Il y en avait du monde en noir venu inaugurer l’œuvre au blanc de Noé Duchaufour-Lawrance, designer chouchou de l’année, concepteur de la tape-à-l’œil, table à champagne Perrier-Jouët, et auteur, pour la galerie BSL, de ce qui est considéré comme une « relecture contemporaine du white cube », c’est-à-dire de l’espace traditionnel d’exposition et de vente. Original certes, unique sans doute, salissant pour sûr, mais contemporain ou avant-gardiste, moins évident, tant le travail du designer, qui décidément aime beaucoup chercher des formes de présentoir alambiquées pas forcément sensées (voir, encore, sa table Perrier-Jouët) est piqué de pièces d’inégal intérêt, mélange sans grande cohésion ni histoire particulière à raconter. Un peu noyé sous cette foultitude de chaises, de babioles et de bijoux, les 110 m2 de Duchaufour-Lawrance perdent en superbe et en monstration, pour se réinterpréter en podium-bibliothèque-faux plafond de corian blanc. Est-ce cet amoncellement, sans réelle efficacité, qui coupe la respiration de l’installation, pour ne laisser que la banale sensation qu’une nouvelle boutique branchée vient d’ouvrir ses portes dans le Marais ?

27 mai 2010 - Anne Melcer

jardins-de-babyloneJARDINS DE BABYLONE, PARIS - C’est bien beau de vouloir se mettre au vert… Mais la terre ça tâche, ça colle, ça sent bizarre, et un caoutchouc incompris tourne vite mou du genou. Dur donc d’installer la campagne à la ville, avant que Patrick Blanc n’ait l’idée hygiénique et spectaculaire du mur végétal en milieu hostile. Dans sa foulée, voici que vient d’ouvrir Jardins de Babylone (fondé par Amaury Gallon), une galerie-boutique spécialisée en installations plantées qui, pour caresser le feuillu dans le sens de la nervure, n’en est pas moins singulièrement urbain : culture hors sol, alimentation millimétrée d’eau et d’engrais, entretien automatisé, ensemble étanchéifié et matériaux recyclés. On peut ainsi posséder son petit temple démétérien à la maison sans pour autant menacer l’intégrité physique de son home cinéma (version cuisine en cliquant sur la vignette). Il est même possible de verticaliser son potager. Prix plancher pour le particulier : 1 500 € HT pour un mur planté de 1 x 2 mètres.

Jardins de Babylone, 6, rue des Jeûneurs, 75002 Paris.

27 mai 2010 - Anne Melcer

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electree-aluELECTREE, METZ ATELIER DESIGN, VIVIEN MULLER, SALON 1.618 - Il ne s’agit pas de faire des économies pour soi - 5 000 € le chargeur de téléphone, qui dit mieux ? -, mais d’investir dans les prémices de l’inventivité énergétique et de pouvoir frimer en exhibant son antique Electree lorsque tous seront passés au durable de masse. Car seuls 1 000 exemplaires du bonsaï solaire Electree vont être construits, d’après les plans du jeune designer Vivien Muller et de la société Metz Atelier Design, qui ont conçu cet arbre à lumière de 40 cm de haut, dont les 42 cellules photovoltaïques sont aimantées et mobiles… On parle même d’institutions superpointues (le centre Pompidou de Metz, EDF) qui seraient intéressées par une version grand format de la chose. A quand le mur végétal de bonsaïs photovoltaïques ?

27 mai 2010 - Anne Melcer

airwake2AIRWAKE, AIRSURLIVING, JEAN-MARIE MASSAUD - L’idée est défendable : lancer sur le marché un purificateur d’air design qui puisse cadrer avec un apart chic easy et permettre d’organiser des soirées encore plus avant-gardistes que les dîners bol d’air Jacquier… Le souci, c’est que, outre son nom bancal, Airwake possède une vraie légitimité technique (Airsurliving est un avatar de Air Sûr qui travaille pour le médical) mais pêche en terme d’identité : entre enceinte et accessoire pour brancher son iPod/iPad, l’objet dessiné par J.-M. Massaud n’ose rien et surtout pas de dire ce qu’il est (en situation en cliquant sur la vignette)… Dommage, il faut assumer son luxe durable…

27 mai 2010 - Anne Melcer

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pleyel2DESIGN, DESIGNERS’DAY, HILTON McCONNICO, PLEYEL - Jean Cortot en 2006, Aki Kuroda en 2007, la Puttman l’an passé, Hilton MacConnico en cette 2010e année. Sûr, pour les lignes de ses noires et de ses blanches, Pleyel et ses 203 ans ne verse pas dans le jeune créateur, mais mise sur des rodés de la partition de l’objet. Il faut dire que, revenue à ses anciennes amours, la manufacture de pianos sise à Saint-Denis, a baissé sa production annuelle à 25 pièces, histoire de concurrencer l’Asie par la qualité. Difficile de plonger dans l’avant-garde avec si peu de marge économique et en outre, une si lourde réputation de classicisme. Logiquement, le choix des lignes Art Nouveau de McConnico, associées à des teintes dignes d’un chocolatier de moyenne gamme est bien plan-plan… Autant que le Pleyel, canapé éponyme (en cliquant sur la vignette, © Thomas Deron) dessiné il y a 10 ans par le même McConnico, qui a incité la marque à céder aux sirènes du design, alors qu’elle resserre son cœur de métier. Dans un objet comme dans l’autre, la double signature fait néanmoins la valeur et le Pleyel à jouer rapportera 95 000 € par pièce écoulée. …  A découvrir à Paris durant les Designer’s Day, du 9 au 14 juin.

6 mai 2010 - Anne Melcer

bons_baisers_de_bretagneDESIGN, PAYSAGES ALIMENTAIRES, ESAD REIMS, MARC BRETILLOT, SIAL - Il était là bien sûr, Marc Brétillot monsieur design Q de Paris, en tant que designer et surtout en tant que professeur, puisque responsable d’une tripotée de jeunes étudiants de l’ESAD rémois ayant planché sur l’idée déjà bien exploitée des « paysages alimentaires ». Approches artistiques, recherches formelles mais aussi manifestes plus ou moins finement réalisés, les diverses expériences présentées par l’ESAD avec le concours du SIAL (Salon International de l’Agroalimentaire) qui se tiendra en octobre à Paris ont, s’il était besoin, bien illustrées combien la nourriture est une matière créative intarissable, porteuse d’esthétique, de politique, mais aussi de vacuité et d’archétypes. Beaucoup étaient fort graphiques et composées avec soin, mais la plupart sentait la tendance ou jouaient sur des aliments trop évidents à sculpter (le pain, le chocolat).Parmi les créations les plus pertinentes à vous couper la gourmandise, le Bon baisers de Bretagne et sa marée noire à base d’Erika (© SIAL 2010, en vignette) au chocolat de Nina Bahsoun et Juliette Clément se posait là. Parmi les créations simples et vendeuses : les Jardins vapeurs de Magalie Wehrung (© SIAL 2010, en cliquant sur la vignette)  parfaits pour restaurants élégants voulant donner dans l’assiette spectacle de dames à la ligne. La suite au SIAL donc…

6 mai 2010 - Anne Melcer

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agnone4THIERRY AGNONE, MUSEE DE LA CHAUSSURE DE ROMANS - Nulle Cendrillon n’aurait la cheville assez ciselée pour porter ces souliers sans les anéantir et c’est pitié, car les escarpins de papier imaginés par Thierry Agnone sont comme des fantasmes de chaussures, des projections d’un pied de femme idéal, chaussé de bijoux parfaits et implacables, aussi brillants et luxueux que violents et acérés (en vignette et en cliquant sur la vignette, © Bruno Pellerin). Artiste autodidacte qui sculpte le matériau pauvre et dessine d’un trait caressant des idées noires, Thierry Agnone ne met pas de jolies petites choses en volume, mais parle d’ambiguïté et de vénéneux par la figure du soulier sublimé.

Souliers de papier, Thierry Agnone, du 8 mai au 31 octobre. Musée international de la chaussure 8 rue Saint-Just 26100 Romans-sur-Isère.

6 mai 2010 - Anne Melcer

100x100bDESIGN, 100×100, DANIEL SCHIPPER - Daniel Schipper était déjà épatant lorsqu’il avait créé un refuge-accordéon pour SDF, en briques de lait recyclées, le voilà qui s’attelle à un autre nœud économique : celui du point zéro de production, ou seuil de commandes à partir duquel il devient possible de lancer l’édition d’un produit sans ruiner son créateur. « Plutôt que de produire du design, puis de le vendre, 100×100 renverse ce schéma : un nouvel objet est prototypé et une fois que 100 commandes de ce dernier ont été passées, sa production peut commencer. C’est le consommateur qui permet à l’objet d’exister », et non l’inverse. Une petite révolution, donc, qui entame sa première marche avec une lampe en plastique recyclé, sorte d’origami simple et épuré, très scandinave (Schipper, le bougre est batave). En date du 5 avril, 29 lampes étaient déjà commandées, au prix unitaire de 100 €. Seules 100 existeront. Un must-have d’avant-garde marketing et design, donc. www.danielschipper.nl

29 avril 2010 - Anne Melcer

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arash-and-kellyDESIGN, ARASH AND KELLY - Dans la veine du design signé un peu par soi aussi, voici la lampe livrée en feuilles, à faire « pousser » selon son inspiration formelle. Les pétales s’accrochent les uns aux autres, permettant de créer des choses aussi bizarres à accessoiriser en suspension que des similicalmars, des boutons de plantes carnivores ou des fleurs à divers stades de leur floraison. Le résultat (environ 50 cm de diamètre), entre gadget en polypropylène et plafonnier de cuisine à mémé version contemporaine, n’est pas d’une farouche élégance, mais l’idée est agréable (en jaune en cliquant sur la vignette). Et les designers (Arash and Kelly, deux ex du Royal College of Art), super pointus ! A commander via le www.arashandkelly.com

29 avril 2010 - Anne Melcer

cubehd-1FREDO VIOLA, CUBE, NISSAN - Il ne s’agit pas de design sonore ni de récupération de morceaux par une marque, mais bien de l’entente d’un artiste - Fredo Viola, vidéaste, auteur compositeur - et d’un constructeur automobile - Nissan - qui, ensemble, ont décidé d’apporter un équipement inédit au Cube (en vignette), véhicule de moyenne gamme qui débarque en Europe. Sur le principe du temps tranquille et de la sérénité au volant comme dans la vie, trois morceaux éthérés ont été spécialement composés par l’Anglais (en cliquant sur la vignette), résident de Woodstock, pour la voiture asymétrique du moment, histoire de rouler peinard et sans stress, bien installé dans des sièges de velours à poil ras en tripotant le relaxant petit tapis à poil longs qui trône sur le tableau de bord. Allez, on s’en roule un dernier ? Une vidéo exclusive, réalisée par François Nemesta (et non Témesta !), est également visible sur www.nissan-cube.fr

22 avril 2010 - Anne Melcer

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06DESIGN, BIOLOGIQUE RECHERCHE, FREDERIC GAUNET, AIR FRANCE ROISSY - Echangés dans la plus grande discrétion entre gens bien nés, le nom et la réputation de la marque Biologique Recherche devraient dorénavant davantage circuler en France, son pays d’origine, où elle dispense ses luxueux soins de beauté dans un hôtel particulier des Champs-Elysées et, plus récemment, dans un salon d’Air France, La Première à Roissy. Le concepteur de ces lieux de soins (confidentiels ici, mais implantés dans 40 pays) est l’architecte et designer Frédéric Gaunet, qui explique que « en dehors de l’extrême qualité des composants de ses produits, des actifs et de leur efficacité, aucune identité propre à la marque n’existait auparavant ». D’où son choix de représenter en les murs de Biologique Recherche, les mots mana de la société, à savoir la sérénité, la cellule, l’eau et le rayonnement. Formes ovoïdes, or incrusté, bleu, blanc et dérivés, mobilier à l’épiderme feutré, forment donc l’identité parisienne de cette belle marque qui se définit elle-même, très modestement, comme ambassade de la beauté. Passeports diplomatiques bienvenus.

15 avril 2010 - Anne Melcer

serpentine-galleryDESIGN, SERPENTINE GALLERY, ATELIERS JEAN NOUVEL, FRED&FRED, LONDRES - Sur fond de pelouse d’un vert phosphorescent comme seuls savent l’obtenir les jardiniers anglais, le futur pavillon d’été de la Serpentine Gallery (Kensington) sera rouge sang, aussi rouge que le noir fétiche de son architecte, Jean Nouvel. Edifice temporaire, ouvert au public du 5 juillet au 20 octobre prochains cette 10e édition du pavillon se trouve être la première œuvre de notre Pritzker national en terre britannique. Avec son cube de verre, son espace mouvant au rythme du temps météorologique et ses panneaux en polycarbonate qui filtrent et teintent les rayons du soleil, il reste à espérer que le temporaire pavillon du Soleil Rouge profitera d’un bel été pour faire valoir ses « ressources naturelles » et faire ressortir le travail des Fred&Fred (« Culture Zap » du 10 septembre 2009) qui ont teinté de rouge profond 160 de leurs pavés de verre optique, les Pict (en cliquant sur la vignette).

www.serpentinegallery.org

15 avril 2010 - Anne Melcer

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