Ganbei !

eric valz

« Mao Zhuxi hui shou, wo (men) jian jin » (« Lorsque le président Mao agite sa main, j’accours/nous accourrons »). A la livraison du « Mao », aussi. Le sinologue Claude Hudelot et le photographe Guy Gallice - grand amateur de cigares du milieu publicitaire - viennent de pondre cette jolie somme, consacrée au culte du Grand Timonier. Un culte nourri par vingt ans de chinage sur les trottoirs de Pékin et d’ailleurs. Comme par une importante recherche iconographique. Une « Longue Marche » tout en images, de ce qui devrait devenir le Petit Livre rouge de nos directions marketing, avides d’asseoir, par l’exemple, l’hégémonie de leur marque ombrelle. Ou le livre de chevet, pourquoi pas, de Franck Louvrier. « Le Mao » nous replonge avec frissons dans les événements les plus marquants de l’ère maoïste par le prisme d’une propagande vertigineuse comme de textes sans concession sur le mythe.

le-mao-1Bon mot de Mao : « Bu chi la, bu geming ! » (« Si tu ne manges pas pimenté - les piments sont rouges, Ndlr - , tu n’es pas un révolutionnaire ! »). Le service du peuple reprend du service avec la crise du capitalisme comme avec le tourisme rouge. Sans Mao et sa coiffure en auréole, la Chine en serait encore à Bruce Lee… à l’époque de la révolte des Boxers, voire de l’Afghanistan d’aujourd’hui, occupé par les Occidentaux. Hors les… quelque trente millions de morts du Grand Bond, reste la force d’une pensée onirique, toujours séduisante et romantique, dans un livre alors mal relié, car dans les mains d’un autiste rousseauiste, grisé à vie par sa quête du pouvoir. Et qui, enfermé dans Pékin, perd tout contact avec le réel et succombe à une autre forme d’autisme : celle du pouvoir. A méditer pour nos gouvernants et à consommer « Ganbei » (cul sec) !

« Le Mao ». Editions du Rouergue, 52 €. Signature le vendredi 16 octobre, à 18 heures, à la librairie Le Phénix. 72, bd de Sébastopol, 75003 Paris.

Archives

boutique-john-richmond-photJOHN RICHMOND, FLAGSHIP PARISIEN - L’Anglo-italien a beau défiler à Milan, c’est à Paris, en pleine fashion week que le styliste a inauguré en grande pompe son vaisseau amiral français. A deux pas de l’Elysée, à l’emplacement de l’ex temple Versace, une vitrine royale pour le créateur qui n’a pas oublié la modeste boutique parisienne de ses débuts. Deux décennies plus tard, le créateur rocker plante son style rebelle, cette fois sur trois niveaux dans un écrin à échelle de megastore, où règnent en maîtres le noir, l’acier, le verre fumé, le « tatoo » signature. Avec l’architecte Christophe Pillet et Saverio Moschillo aux commandes, il forme un trio de choc (en cliquant sur la vignette) qui parie sur l’avenir. « La marque est en plein développement, affirme Saverio Moschillo. Le chiffre d’affaires doit passer de 360 M€ à 550 M€ en quatre ans ». Lancements et ouvertures sont programmés pour parachever le couronnement : New York après Milan, Porto Cervo, Paris et un parfum masculin qui va, dès janvier 2010, compléter la fragrance féminine John Richmond Perfume.

Nadine Guérin

germain-bourreDESIGN CULINAIRE, LE MEURICE, PARIS - Finalement, le design culinaire, si chéri des medias, n’est peut-être rien d’autre qu’une sorte de thérapie de groupe, qui nous rappelle combien jouer avec la nourriture c’est très mal… et c’est très bon ! Car de la contradiction naît une série de trouvailles formelles, intentionnelles, qui sont souvent délicieuses. Preuve en est la courte exposition de design culinaire qui s’est tenue au Meurice (du 3 au 6 octobre) sur le thème « de l’autre côté du miroir ». Toutes les expressions plastiques s’y déployaient pour exprimer la déraison, le chaotique de la nourriture, à travers l’univers du frigidaire ! Citrouille gargantuesque, cerises cardiaques, gâteaux fantômes, service à café fou, chaque frigidaire entrouvrait sa porte sur des fantasmes, des angoisses, des possibilités dissidentes. Ce rapide aperçu de la vivacité des designers culinaires, dont le métier n’est pas d’esthétiser des plats, ramène à une simple vérité : c’est toujours dans la cuisine que l’on discute le mieux.

Anne Melcer

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polyhedre-creamycupATELIER POLYHEDRE, NANTES - L’Atelier Polyhèdre est la version décomplexée et parfaitement désinhibée de la belle céramique et de la vaisselle de prix. Bonbonnières ridicules et raffinées ; vases croisés avec, au choix, une clé, une barbe grecque, un cœur ; assiettes fouettées ou soupières débordées, chaque création de Baptiste Ymonet et Vincent Jousseaume est une vision de design culinaire chargée de sculpter l’instant où contenu et contenant se mélangent. Tiercé gagnant du Prix des jeunes créateurs d’atelier d’art de France en 2007, les deux Français ont la terre prometteuse et le geste sans restriction : anguleux, géométriques ou fondus, dégoulinants, détournés, retournés, leurs objets sont tous émancipés des codes de la céramique et des règles de l’art de la table. Mais, alors, c’est donc vrai, certains artistes font vraiment ce qui leur plaît ?

A voir chez : Objet(s) design #5, du 11 octobre au 13 décembre. Le Village - Centre d’expérimentation artistique, 10, rue de l’Eglise, Bazouges-la-Pérouge 35560.

Actlieu - Bateau D’Ô, du 16 au 18 octobre. Loft Actlieu, 11, rue Auguste-Brizeux, le Bateau D’Ô, borne 2-5, quai Henri-Barbusse, 44000 Nantes.

Anne Melcer

colombo1ptJOE COLOMBO, GALERIE LAFFANOUR - Un des grands du design est exposé aujourd’hui à Paris. Né à Milan, Joe Colombo y étudie l’architecture. Après un début de carrière en tant que peintre, il devient designer et reprend l’entreprise familiale de matériel électrique. Inspiré par les nouveaux matériaux, dont les plastiques renforcés, il explore ces territoires en design. Il réalise une première chaise pour adultes en plastique ABS moulé par injection. Son travail sur l’habitat modulaire et ses tentatives d’élaboration d’un habitat du futur sont passionnantes et en font un visionnaire. Mort à 41 ans, son œuvre inachevée recèle des pépites, dont ses sièges et luminaires à (re)découvrir.

Joe Colombo à la Galerie Laffanour, au 33, rue de Seine, Paris 75006. Jusqu’au 14 novembre.

Antigone Schilling

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lampe-acier-orange-cheese-conranWELL CONSIDERED, CONRAN SHOP - ça y est, même Conran s’y met, du design pas cher… Si si, je vous promets, aujourd’hui, on peut s’acheter des produits design pour pas cher chez Conran, pour preuve : la collection Well Considered, une collection de produits incontournables pour la maison, bien dessinée et offrant un exceptionnel rapport qualité-prix. Ces produits mettent l’accent sur la simplicité, le bon sens, l’humour et le charme, le tout renfermé dans des packagings graphiques, colorés et drôles, créés par Javier Mariscal. Www.conranshop.fr

Cécilia Blachas

selettiSELETTI - A l’origine, un jeu de cubes façon poupées russes. Un cube très grand renferme un cube un peu plus petit, etc. Résultat : plein de cubes, à disposer comme bon vous semble, et qui vous permettent de laisser éclater votre créativité, pour monter votre bibliothèque ou vos étagères, avec des proportions perso ! Chaque cube peut être fixé à un autre, à l’aide d’une pince-étau, et décoré avec de la dentelle en résine en guise de fond, 1 100 €, Seletti. www.seletti.it

Cécilia Blachas

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born-in-swedenBORN IN SWEEDEN - Pensez aux zozieaux pour qu’ils ne crèvent pas de faim tout en restant à la pointe du design. Born in Sweden a imaginé cette mangeoire, une bulle transparente pour petits oiseaux, à coller directement aux fenêtres à l’aide d’une ventouse. Ils n’auront plus qu’à venir se rassasier devant vos fenêtres, et vous, à profiter du spectacle. Born in Sweden.

Cécilia Blachas

brush-beauty-small-and-larGAVIN COULTRIP, THORSEN VAN ELTEN - Comment se donner plus d’entrain pour faire le ménage et initier les gamins afin qu’ils s’y collent le plus rapidement possible ? Gavin Coultrip a imaginé un balais-cheval en bois, que l’on pourrait chevaucher, de quoi s’amuser pendant cette tâche désagréable. Throsten Van Elten.

Cécilia Blachas

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Trisha BrownTRISHA BROWN AU CND - Depuis que l’Homo s’est dressé élégamment sur ses pattes arrière, ses pas se sont faits de plus en plus légers jusqu’à tutoyer le bleu du ciel… Le Centre national de la danse et le Théâtre national de Chaillot se sont pris par la main pour faire la… « bamboula ». L’automne sera donc coloré de petits pas et de grands bonds, qui entraînerons les visiteurs, de la post modern dance au hip-hop de Farid Ounchiouene (Cie Farid’O) en résidence. Le CND, le TNC et le CNDC (ouf !) d’Angers rendent un bel hommage à l’une des grandes figures de la post modern dance, Trisha Brown. Pièces des années 70 (« Early works », « Equipment Pieces »…), films, performance, rencontre, formation pro, stage pour enseignants… le programme est copieux. Trisha Brown n’a cessé de remettre en question son travail dans des relations dance/musique, danse/arts plastiques où l’instinct se confronte aux contraintes, avec notamment l’improvisation structurée qu’elle instrumente, défiant la pesanteur, sur des supports divers (arbres, toits, façades d’immeubles…). Elle développera plus tard des chorégraphies basées sur des systèmes mathématiques d’accumulation où, allongées au sol, les danseuses répètent un même mouvement calme et régulier, l’associant rapidement à d’autres mouvements enchaînés, répétés et cumulés sur, notamment, une musique du Grateful Dead, voire, aussi, dans le complet silence (« Accumulation », 1971).

Du 17 oct. au 4 déc. 2009. Centre national de la danse, 1, rue Victor-Hugo 93500 Pantin - www.cnd.fr

Réservations : reservation@cnd.fr

Théâtre national de chaillot 1, place du Trocadéro 75116 Paris - www.theatre-chaillot.fr

CNDC, théâtre Le Quai, Cale de la Savatte, 49000 Angers www.cndc.fr

La saison 09>10 en images!

Gérard Valat

couverture_recette_RECETTES POUR MA FEMME, BRUNO VERJUS, ALTERNATIVES - Bruno Verjus est amoureux de sa femme (étonnante Ingrid Astier) et cela se sent dans son dernier ouvrage où les recettes sont imaginées en fonction des humeurs et envies de sa douce. Elle veut perdre 3 kilos, un week-end à Venise, l’âme bucolique, ma femme est en retard ou… La solution est là. Pour accomplir la mise en bouche, c’est Irina Volkonskii qui a mis ses crayons au travail. Muse, créatrice de bijoux, artiste… Pétillante poule r(o)usse, Irina signe ici son premier recueil d’illustrations où les légumes, les poissons ont pris de jolies couleurs, parés de joyeux atours aux mille saveurs.

Editions Alternatives.

Antigone Schilling

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moz4COME FLY WITH ME, MOZ ? LA CINQUIEME GALERIE - L’avion (l’avion, l’avion, Ndlr) ça fait lever les yeux, Moz le sait et a décidé d’en parler avec ses pinceaux. Il remet ainsi en scène les pin-up façon années 60, toutes hôtesses très haut de gamme entourées de notices de bord, de messages d’avertissement et de propos agréables à la clientèle… Aguicheuses, vaporeuses, elles affichent leur professionnalisme et leur dévouement avec efficacité, balcons publicitaires autant qu’objets sexuels. Elles sont également rigolotes et très second degré.

Come Fly with Me, Moz, jusqu’au 31 octobre. La Cinquième Galerie, 25, rue de Penthièvre, 75008 Paris.

Anne Melcer

17-tournayARACINE, INSTITUT NATIONAL D’HISTOIRE DE L’ART - L’intérêt pour le biopic de Séraphine de Senlis (7 césars !) devrait inciter le public à découvrir l’art brut, œuvres de personnes indemnes de culture artistique ; des naïfs aux fous en passant par les prisonniers ou… Plus primitive et spontanée, cette expression artistique se rapproche souvent de créations enfantines. Mais, depuis que Dubuffet l’a nommé (en 1946), s’y est intéressé et l’a collectionné, l’art brut a désormais ses lettres de noblesse. Une exposition hors les murs du musée d’Art moderne de Lille métropole permet de découvrir la collection de L’Aracine, qui rassemble des œuvres d’Aloïse Corbaz, Benjamin Bonjour, Emile Ratier… (Tournay en vignette, « Vignes, pour prendre l’air », en cliquant sur la vignette).

Jusqu’au 15 décembre. Institut national d’histoire de l’art, 6, rue des Petits-Champs, Paris 75002.

Antigone Schilling

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john-lennon-yoko-ono-1okJOHN LENNON & YOKO ONO AU MARCHE BIRON, HENRY PESSAR - Entre un mariage en catimini à Gibraltar et un voyage de noces un peu plus remuant à Amsterdam, le couple révolutionnaire fait, comme tout le monde, ses emplettes aux « puces » de Saint-Ouen, que John trouvaient « Magical ». Henri Pessar, journaliste et photographe, notamment pour « Paris Match », était l’une des figures des trépidantes sixties. Photographe de stars il a mis en boîte les Beatles, les Stones, Dylan, mais aussi Garbo Jacqueline et Onassis, Sofia, Gina et tant d’autres… En 1969, les Beatles allaient se « crasher » avec un bruit sec, comme un « Double Blanc » au comptoir. Le « Revolution 9 » de Lennon restant en travers de la gorge du « petit » Paul, vexé de découvrir à la sortie de l’album ce morceau fourre-tout, collage sonore bruitiste proprement révolutionnaire, lui qui s’attribuait depuis des lustres la paternité de ce type de collages surréalistes… En tout cas, la période, tout en Beatlemania remasterisée, est bien choisie pour exposer la centaine de photos prise en mars 1969 par Henry Pessar, à l’occasion du « 4e Mondial de l’Antiquité ». Le Marché Biron, avec ses 220 antiquaires et marchands d’art à la réputation internationale, est l’un des plus prestigieux marché d’art en France. Déambulation en écoutant la musique des Beatles et de Lennon…

« Sur les traces de John Lennon & Yoko Ono au Marché Biron ». Exposition de 100 photographies d’Henry Pessar au Marché Biron, du 9 au 25 octobre 2009. Marché Biron, Puces de Saint-Ouen - 85, rue des Rosiers 93400 Saint-Ouen. www.parispuces.com

Gérard Valat

centreduluxeJULIE ELGHOUZZI, CENTRE DU LUXE ET DE LA CREATION - L’art de vivre est au cœur des préoccupations des métiers du luxe. Il est cet ensemble d’éléments plus ou moins définissables que le luxe doit en permanence anticiper pour répondre aux évolutions de la société. Sous la notion d’art de vivre …

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CENTRE DU LUXE ET DE LA CREATION